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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 6 juillet 2018

Les Déracinés ~ Catherine Bardon

« J’ai fait l’erreur de croire que nous étions indestructibles »


Résumé de la quatrième de couverture :

Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l’antisémitisme vient assombrir leur idylle. Au bout de quelques années, ils n’auront plus le choix ; les voilà condamnés à l’exil.
Commence alors une longue errance de pays en pays, d’illusions en désillusions. Jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition inattendue : fonder une colonie en République dominicaine. En effet, le dictateur local a offert cent mille visas à des Juifs venus du Reich.
Là, au milieu de la jungle brûlante, tout est à construire : leur ville, leur vie.
C'est toujours difficile d'aborder la Seconde Guerre mondiale tant le sujet a été traité. Pourtant, Catherine Bardon parvient à éveiller notre curiosité en démarrant son intrigue en Autriche dans les années 1930. Les cafés, les parcs, l'opéra, l'atmosphère foisonnante de la capitale nous est retranscrite avec une beauté et un réalisme frappants. Lorsque la guerre débute, nous sommes plongés dans la terreur avec Wilhelm et Almah, provoquée par le sort réservé aux Juifs, et leur exil forcé loin de leur famille. Nous partageons leur espoir à l'annonce d'une terre promise de l'autre côté de l'océan. Tout semble s'apaiser en République dominicaine. Mais l'Histoire débarque sur les plages ensoleillées. C'est une communauté entière qui se crée et qui écrit sa propre histoire.
L'autrice maîtrise aussi bien les décors que les personnages. Ces derniers évoluent tout au long de l'intrigue, personne n'est laissé derrière. Trouver sa place est un des enjeux majeurs, et s'ils ont un peu de mal au début sur la petite île, ils sont certains de s'en faire une dans le cœur des lecteurs.
Almah et Wilhelm vivent pleinement leur amour sans que cela tombe dans des considérations niaises. On s'attache facilement à eux et à leurs aventures. Ils ne sont pas des représentations de la misère, même s'ils doivent passer par cette étape. Ils arrivent à surmonter ensemble les épreuves de la vie, sans attirer notre pitié.
Il n'y a pas récit plus romanesque que celui de notre couple. Leur périple et leur vie quotidienne offrent à la fois la magie et les frissons qu'on attend des grandes histoires.
Extrait :

« Un nulle part accablé de soleil et de chaleur.
Un nulle part qui allait être le cadre de notre nouvelle vie.
Depuis un an, durant cet interminable périple à travers le monde, aussi difficile qu’il eût été, nous étions toujours en mouvement et nous pouvions en imaginer l’issue à notre guise. Nous étions maintenant arrivés. À l’arrêt. Il n’y avait plus rien à imaginer, tout était devant nous. Tout, c’est-à-dire… rien. Une mince bande de terre défrichée, coincée entre un mur de jungle inhospitalière et l’océan. La vacuité de cet espace nous faisait vaciller. »
Le mot de la fin :

Un roman puissant, idéal pour les vacances d’été, mêlant une grande histoire d’amour aux terribles événements et conséquences de la Seconde Guerre mondiale.

Alors, voulez-vous tourner ?

2 commentaires:

  1. Le sujet a été beaucoup traité mais ce qui m'intéresse ici c'est que l'histoire se déroule en Autriche et le plus souvent les histoires que j'ai pu lire sur l'époque avaient lieu en France ou en Allemagne. Je le note donc

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    1. C'est en Autriche pour le début, après les personnages bougent et l'intérêt est qu'on quitte l'Europe ! :) C'est cet éloignement forcé qui donne de la puissance au roman (oui, j'ai adoré) !

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