Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 26 janvier 2018

Petit pays ~ Gaël Faye

« Au Rwanda, cette chose qui n’était pas la guerre dura trois longs mois. »


Résumé de l'éditeur :

« Au temps d’avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c’était le bonheur, la vie sans se l’expliquer. Si l’on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "Ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t’évite de réfléchir. C’est par la suite que je me suis mis à considérer la question. » - G. F.
Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Gaël Faye décrit dans ce premier roman la vie d’un enfant au Burundi, une vie heureuse dans une belle maison avec une famille unie. Et puis, l’horizon s’assombrit. Les parents de Gaby divorcent. Sa mère, rwandaise, voit ses frères partir se battre. Dans son impasse, Gaby est à l’abri. Mais pas les hommes qui travaillent pour son père.
Un sujet très dur que celui du génocide rwandais. Pourtant, à travers ce roman, nous suivons un enfant qui n’appréhende pas encore les réalités cruelles du monde adulte. On découvre ses jeux, les petites querelles avec ses amis ou sa sœur. L’auteur nous parle souvent des coutumes du pays, de sa faune, de ses plats avec un réalisme saisissant. Il nous décrit les paysages comme un photographe. On se croirait presque face à un documentaire.
Plusieurs passages émeuvent, que ce soit de tristesse ou de tendresse. La vision de Gaby est celle d’un enfant, mais il a une certaine maturité dans ses réactions. Il ne s’emporte pas et réfléchit aux situations qui se présentent à lui. Le lecteur est comme lui confronté à des horreurs qu’on ne soupçonne pas, et on tremble en se disant qu’on n’aurait probablement pas dormi pendant des semaines. Et à côté, il y a toutes les découvertes que fait Gaby, comme dans la bibliothèque d’une vieille voisine.
L’aspect politique est également retranscrit, avec les coups d’État, les conflits entre les communautés et l'implication du peuple. Cela confère une ampleur à ce roman, qui reste malgré tout humble dans l'approche de ce thème.
Le style est à la fois simple et percutant. Les dialogues sont naturels et la narration rythmée. Il est facile de s’immerger dans l’histoire. La version audio est d'autant plus addictive que c’est Gaël Faye himself qui s’en charge. L’auteur met une intonation qui donne une belle envergure au récit et nous fait adhérer à l’histoire.
Dans ce récit, on peut avoir l’impression de se laisser engourdir par la voix de l’auteur, les mangues et le soleil. Cependant, la maîtrise du rythme et de la structure crée une tension qui va crescendo. On connait l’issue. Et c’est d’autant plus terrible.
Extrait :

Extrait sur Audiolib
Le mot de la fin :

Un roman beau et fort, transcrivant avec justesse dans le ton une période de l’histoire particulièrement douloureuse.

Alors, voulez-vous tourner ?

1 commentaire:

  1. Un très beau roman, qui m'a marqué. Avoir un récit sur le génocide rwandais à travers le regard, innocent, d'un enfant, est très intéressant

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