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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 8 décembre 2017

La Fée Mélusine : le serpent et l’oiseau ~ Philippe Walter

« Pour moitié nymphe aux yeux vifs, aux belles joues, Mais pour moitié aussi monstrueux serpent, terrible autant que grand, scintillant, ondoyant, qui vous dévore tout cru. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Grande figure de notre imaginaire, la fée Mélusine promet richesse et prospérité à Raymondin, son époux, à condition qu’il ne la regarde pas dans son bain le samedi. Le mariage est heureux jusqu’au jour où, poussé par la curiosité, Raymondin perce un trou dans la paroi et découvre sa femme munie d’une énorme queue de serpent. Il ne dit rien mais, lors d’une querelle, la traite de « serpente ». L’interdit est transgressé et, dans un cri déchirant, Mélusine disparaît en s’envolant dans les airs.
Tout en reprenant la célèbre histoire telle que nous l’ont contée Jean d’Arras, Coudrette et les légendes de nos terroirs, le présent ouvrage dévoile des horizons méconnus et, en interrogeant notamment la mythologie de l’anguille et du sel, renouvelle de manière décisive la compréhension du récit mélusinien. Alors Mélusine est-elle femme poisson, femme serpent ou femme oiseau ? Philippe Walter la surprend dans ses différentes métamorphoses, en saisit l’écho dans diverses traditions, entre autres celtiques, et retrouve sa trace sur plusieurs continents, offrant ainsi une ampleur originale à l’interprétation de ce mythe clé du Moyen Âge.

Les mythes du Moyen Âge sont à l’origine de nos littératures de l’imaginaire et celui de Mélusine se révèle particulièrement riche.
Cet ouvrage est très complet et aborde tous les aspects du mythe en les prenant les uns à la suite des autres. La métamorphose constitue un des éléments centraux. Là où on connait beaucoup la forme du serpent, Philippe Walter nous présente également les origines d’oiseau et de poisson. C’est notamment l’anguille et le saumon qui retiennent l’attention. L’auteur revient aussi sur la figure du géant qui est présente dans le mythe, et les liens avec le nom de Gargantua, le célèbre personnage de Rabelais. On retrouve le motif de la transgression, qui est également récurrent dans la littérature.
Les explications géographiques sont précieuses. Le marais poitevin est assez central dans ce mythe. L’eau, qu’elle soit douce ou salée, apporte une grande dimension au récit. Mélusine se rencontre près des fontaines, et certaines de ses avatars japonais près de la mer. Voir que le Japon possède des légendes qu’on retrouve en Europe est assez surprenant, et prouve que les ponts entre les civilisations sont bien présents dans la culture.
L’auteur a organisé son propos autour des thèmes comme « Mélusine entre mythe et littérature&nbsp», « Mélusine et les monstres marins » ou encore « Le sabbat de Mélusine ». Ce sont dix chapitres divisés en sections permettant une lecture simple et adaptée au rythme de chacun. Pas de jargon, pas de concept abstrait, tout est exemplifié et expliqué, notamment par des extraits de récits médiévaux. Il y a de nombreuses notes de fin de chapitre, qui donnent notamment des références bibliographiques.
C’est un très bon ouvrage d’introduction au mythe, qui peut être suffisamment complet. Néanmoins, plusieurs pistes de réflexion sont soulevées, sans être analysées. Autant d’éléments qui invitent à approfondir les recherches.
Extrait :

« Sur une miniature de manuscrit, Mélusine conduit les travaux de ses maçons et un petit dragon veille à ses pieds. L’étrange pouvoir bâtisseur de la fée s’explique lorsqu’on lit certains contes présentant des épouses magiques accomplissant des prodiges comme Mélusine. Il s’agit de divinités de l’autre monde, le plus souvent marin, qui réalisent ce que les humains sont incapables d’accomplir. Le dragon est la figuration d’une altérité divine avant d’être l’expression d’un être démoniaque. Le conte russe d’Afanassiev sur le gardon magique ou des contes japonais sur les épouses surnaturelles présentent des situations comparables. »

Citation de début : Hésiode, Théogonie, v.298-300
Le mot de la fin :

Un très bel essai sur une figure mythique qui nous explique les origines de certains motifs de notre littérature !

Alors, voulez-vous tourner ?

2 commentaires:

  1. Oh quelle belle découverte ! Je ne connais rien du tout de la fée Mélusine, si ce n'est la bande dessinée humoristique de mon enfance (je pensais en cliquant sur le lien de la newsletter qu'il s'agirait de cela). J'ai bien besoin d'une introduction au mythe donc c'est parfait !

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    1. Haha c'est un peu différent de la BD ! Mais c'est idéal pour commencer et entrer dans cette légende :)

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