Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 24 novembre 2017

Nemrod ~ Olivier Bérenval

« Il se murmure que ces révoltes profitent à l’avancée de l’Adversaire, mais quel être humain pourrait bien vouloir s’allier avec une… »


Résumé de la quatrième de couverture :

Les hommes se sont depuis longtemps dispersés dans les étoiles et la Communauté, un gigantesque État galactique à la fois tyrannique et bienveillant, réunit cette incroyable diversité humaine.
Aux confins de cet empire, un mystérieux Adversaire semblant disposer d’un pouvoir illimité anéantit un monde reculé. Cette destruction plonge alors la Communauté dans une guerre interstellaire qui pourrait bien la précipiter vers sa fin.
À l’aube de ce cataclysme, Tjasse, un adolescent ordinaire, est sur le point de tout perdre. Czar Santo, un truculent détective d’un cité orbitale est quant à lui contacté par un sulfureux client et Giana Miracle, soldate des Forces de la Communauté, est chargée de mater une révolte populaire dans le sang.
A priori, rien ne les rassemble. Pourtant, leurs destins vont inexorablement s’entremêler à celui de l’humanité tout entière, née sur la Terre originelle, dont les chants résonnent encore et forgent la légende des siècles.

Voici un space-opera plutôt complet !
L’auteur a créé un univers particulièrement riche. Cela fait plusieurs millénaires que la civilisation que nous connaissons a disparu. Les humains sont dispersés dans l’univers et ceux qu’on appelle les « vrais-nés » sont bien moins nombreux que les « Variants », des humains modifiés. Le lecteur visite des planètes aux paysages grandioses. La faune et la flore ont été travaillées de sorte que l’ensemble est crédible et cohérent. Politique, religion et société, l’auteur remplit les différentes catégories pour constituer un décor fourni. Petit bémol : les personnages ne connaissent rien des éléments de notre civilisation, comme le cheval, mais le narrateur fait souvent des comparaisons avec bibendum ou la mythologie grecque par exemple. Ce sont des détails qui font tiquer mais qui ne gênent pas la lecture.
Le lecteur suit trois personnages qui semblent n’avoir rien en commun, mais qui vont pourtant jouer un rôle déterminant dans le sauvetage de l’univers. Tjasse est ce jeune homme assez introverti, qui va franchir une limite interdite et être propulsé dans un monde impitoyable. Czar dénote par ses sarcasmes et ses échanges nourris avec Booz, l’IA implantée dans son néocortex. Dans cette aventure, il est accompagné de Lynette, une jeune femme aux origines étranges. Enfin, Giana est celle qui parait la plus éloignée de l’intrigue, car elle agit sur des problèmes semblant annexes. Globalement, les personnages manquent de finitions. On ne les observe que dans un type de situation pour chacun, ce qui empêche de percevoir leurs nuances.
L’intrigue se termine sans apporter de véritable réponse à l’énigme qu’est l’Adversaire. Ses intentions quant à l’univers et aux humains restent floues, même si on comprend le rôle joué par les personnages.
Le style est plutôt simple et le récit est rythmé grâce à des chapitres courts. Chaque chapitre commence par des extraits de documents inventés par l’auteur, expliquant des notions de cet univers, ou simplement des poèmes. C’est un des points les plus intéressants. Ce qui gêne la lecture, c’est le vocabulaire et notamment les néologismes. L’auteur utilise beaucoup de mots compliqués comme « omnicom » ou « rotolift ». Par conséquent, certaines idées sont difficiles à visualiser.
Ce roman propose une réflexion sur les erreurs humaines, notre rapport à l’autre et notre façon de vivre en communauté. Ce ne sont pas des thèmes particulièrement originaux, mais ils sont bien exploités.
Extrait :

« “Voyons à quoi ressemblent nos chers révolutionnaires variants…”
La mestre s’interrompit soudain, fixa le burg pendant plusieurs dizaines de millimes – presque une minute – puis regarda Giana d’un air désemparé, sans avoir refocalisé, les yeux encore perdus au loin.
Sa vision s’accommoda de nouveau et elle lui demanda : “Vous avez vu ? Ces Acanthes, ils sont…
— Ils sont très différents de nous. Des Variants de stade trois au minimum. Nous n’avions pas eu cette information, en effet.”
Giana laissa la mestre du camp accuser le coup puis observa à nouveau les formes mouvantes dans la brume, ces êtres humains dont les membres démesurés flottaient comme des cerfs-volants des temps anciens et qui semblaient vouloir les défier. »
Le mot de la fin :

Un bon roman, divertissant, mais qui aurait pu être mieux abouti.
Merci à Babelio et aux éditions Mnémos pour cet envoi !

Alors, voulez-vous tourner ?

1 commentaire:

N'hésitez pas à laisser votre nom et votre blog si vous en avez un ! :)

Merci de votre visite !