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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 10 novembre 2017

Le Conte de la dernière pensée ~ Edgar Hilsenrath

« Ce ne sera pas un homme d’affaires, ni un aventurier à proprement parler, car il n’a pas l’air de vouloir se risquer à l’extérieur, dans le monde réel. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Le vieux Thovma Khatisian n’est plus particulièrement séduisant. « Tu es affreux, Thovma Khatisian. Aucune femme ne s’éprendrait de toi, à part ta mère. Tes yeux sont chassieux et rivés au sol. De ta bouche entrouverte s’écoule de la salive puante. » Le pauvre bougre est même sur le point d’expirer. Et il se souvient dans une dernière pensée de sa vie tumultueuse. Né en 1915, durant le génocide arménien, il porte dans sa chair la mémoire d’un peuple décimé…

La couverture de ce roman attire beaucoup l’œil, et pour peu qu’on regarde attentivement les dessins, on comprend qu’il n’est pas question de choses joyeuses.
Le génocide arménien fait partie de ces épisodes de l’histoire qu’on évoque peu. Il s’agit pourtant d’un fait marquant de la Première Guerre mondiale. L’extermination de ce peuple, l’auteur la retranscrit dans toutes ses vérités. Les sévices corporels, les mensonges politiques, les machinations. C’est extrêmement dur à lire, les propos sont parfois très crus, mais c’est une réalité historique qu’il faut connaître.
Afin de raconter l’histoire, le narrateur appelé Meddah parle à la dernière pensée de Thovma. L’effet est très particulier, il faut un vrai temps d’adaptation. Il y a pas mal de répétitions voulues, ce qui a tendance à ralentir le texte.
Le roman est divisé en trois livres. Le premier s’attache à raconter la captivité de Wartan, le père de Thovma. Il est arrêté par les Turcs et torturé. Ce sont probablement les pages les plus difficiles. Le deuxième livre raconte l’histoire de la famille de Thovma, l’enfance de son père, les mariages. Les coutumes arméniennes décrites nous immergent avec force et simplicité dans la culture de ce peuple. Beaucoup de détails peuvent surprendre les lecteurs occidentaux du XXIe siècle, comme une croyance disant qu’il ne faut pas que la mère quitte son bébé les 40 premiers jours de sa vie car il pourrait être enlevé par des esprits maléfiques. Ce sont des choses très ancrées dans le quotidien de la famille Khatisian qui vit dans un petit village. Le troisième livre revient aux faits historiques de la guerre, au parcours de Wartan et à ce qu’il se passe une fois la guerre finie.
Extrait :

« Je racontai au silence l’histoire de l’extermination du peuple arménien. Je rendis le silence attentif au fait qu’il était d’une importance capitale d’en parler ouvertement. Je dis : Tout le monde doit en avoir connaissance ! Car comment pourra-t-on empêcher une nouvelle extermination, si chacun prétend n’avoir rien su et n’avoir rien empêché parce que ce sont des choses qu’on ne peut même pas imaginer ? Je parlai longuement et sans craindre d’entrer dans les détails. Je ne demandai rien pour mon peuple et je n’exigeai pas non plus que ses persécuteurs soient punis. Je dis : Je voudrais simplement rompre le silence. »
Le mot de la fin :

Un roman intense à l’intrigue dure et enrichissante !

Alors, voulez-vous tourner ?

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