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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 12 mars 2017

Dossier ~ Orphelins Baudelaire ~ Chapitre 7 : Par-delà les mots

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Tout un travail est réalisé avec la collaboration de Brett Helquist, l’illustrateur ainsi qu’avec l’éditeur : Harper Collins pour la version anglaise, et Nathan pour la version française. Il y a tout un phénomène autour de la série.
La première chose remarquable est la récurrence du nombre 13.
La série est composée de treize tomes, chacun de treize chapitres, hormis le dernier qui en a quatorze. Le dernier tome est paru le 13 octobre 2006 chez Harper Collins, qui était un vendredi et renforce ainsi le côté tragique de la série. Ce nombre 13 est dans la superstition commune un signe de chance ou de malchance, cela dépend des gens. Il est en tout cas très connoté et ne laissera pas indifférent le lecteur.
La collaboration avec l’éditeur est telle qu’il est intégré comme personnage dans la série. En effet, à la fin de chaque tome, Lemony a intégré une lettre destinée à son éditeur et qui contient des informations pour la récupération du manuscrit suivant. C’est un vrai jeu de piste qui lui est proposé, car Lemony a pris soin de cacher le manuscrit afin que ses ennemis ne le trouvent pas. De même, dans L’autobiographie non autorisée, l’éditeur est celui qui explique comment il a réceptionné les documents afin de les transmettre.
Les titres sortent tous du même moule. En anglais, l’auteur-narrateur a fait commencer chaque mot par la même lettre : The Ersatz Elevator, The Austere Academy, The Carnivorous Carnival. En français, la traduction est assez compliquée s’il faut garder à la fois les jeux lexicaux et le sens. C’est pourquoi Rose-Marie Vassallo a cherché une compensation : Ascenseur pour la peur, Piège au collège, La fête féroce. Elle a donc gardé le principe des lettres quand elle l’a pu et sinon elle a choisi les rimes.

Le résumé de chaque tome est construit suivant les mêmes procédés. Le narrateur s’adresse directement au lecteur et l’invite à ne pas lire ce qu’il a sous la main. Pour l’inciter à suivre son conseil, il énumère une série de détails sans queue ni tête qui ont pour but de l’ennuyer ou de l’effrayer. Il conclut sur le fait que, dans son cas, la rédaction des présents malheurs est une nécessité mais sa lecture n’en est pas du tout une.
L’auteur joue avec la typographie et la mise en page lorsqu’il veut insister sur un aspect. Par exemple, dans le tome 6, les enfants tombent dans la cage d’ascenseur. Au lieu de décrire leurs sentiments, l’auteur met deux pages entièrement noires et laisse le lecteur s’imaginer leurs pensées. De même, dans le tome 12, l’hôtel se reflétant dans le plan d’eau, l’auteur a décidé d’écrire la première page du chapitre à l’envers et le lecteur a besoin d’un miroir pour la lire. Dans ce même tome le narrateur fait des faux chapitres dans lesquels il explique sa façon de narrer dans les chapitres qui suivent, il explique sa démarche au lecteur. Il lui est aussi arrivé de répéter répéter répéter plusieurs fois un même mot pour insister dessus. Il y a un jeu qui s’instaure entre l’auteur et le lecteur qui participe en quelque sorte à l’enquête.
Lillustrateur est très important. Chaque début de chapitre a son dessin, et surtout chaque fin de tome. Dans cette dernière illustration est glissé un indice sur le tome d’après. Par exemple, à la fin du tome 1, on peut voir un serpent autour d’un lampadaire. C’est une invitation donnée au lecteur qui va se demander ce qui peut suivre. Cela entretient une certaine fidélité du lecteur. L’illustrateur, tout comme le narrateur, a droit à une courte biographie à la fin de chaque tome, très vague et contenant des détails incongrus, avec un dessin à la place d’une photographie. Cette sorte d’anonymat rentre aussi dans le jeu lancé par l’auteur, il crée une sorte de mythe autour de sa personne.
Dans le tome 5, le narrateur explique que l’ouvrage a pour but d’éduquer les jeunes esprits. Mais c’est en fait ce que l’auteur souhaite pour l’ensemble de la série. Elle est destinée à la jeunesse et tous les moyens cités précédemment participent à une intention ludique à l’adresse des jeunes lecteurs. Ils entrent dans l’enquête, la partagent avec le narrateur et se sentent plus concernés du fait que ce dernier s’adresse directement à eux. Le lecteur entre vraiment dans l’intimité de l’œuvre.




























































Alors, voulez-vous tourner ?

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