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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 24 février 2017

World War Web ~ Johanna Zaïre

« Déploiement de la milice Humanobot opérationnelle pour récupération des nouveaux Humanobots. Phase de Capture en cours. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Paris en 2035. Rebecca Barns est une jeune insurgée vivant dans la périphérie externe du nouveau Paris, qui est alors encerclé par de hauts murs de béton. À l’intérieur, une société modèle et harmonieuse à laquelle il faut obligatoirement adhérer, sans quoi c’est la mort assurée. Traqués par la milice du nouveau gouvernement, les rebelles vont se lancer dans une guerre contre une technologie révolutionnaire.

L’auto-publication est un pari risqué pour lequel il faut mesurer les conséquences. Choisir de se substituer à un éditeur demande de remplir des conditions et malheureusement ce roman ne les remplit pas.
Lintrigue est très intéressante, c’est une dystopie qui se déroule en 2035 à Paris, un futur assez proche. Au début, on suit Rebecca Barns, une jeune fille très douée en informatique qui tente de pirater le système du nouveau gouvernement. Rapidement le cercle des personnages s’élargit et inclut le nouveau chef du gouvernement, deux policiers de la milice et plusieurs rebelles vivant en dehors de Paris. Les événements s’enchaînent avec rythme, les révélations et les retournements de situation aussi. L’auteure a su exploiter de bons filons, le lecteur est certain d’être surpris plusieurs fois. Deux personnes tirent leur épingle du jeu dans ce tourbillon, Jed et Tyler, deux fortes personnalités qui savent mener leur barque.
Malheureusement, le reste ne suit pas vraiment. Beaucoup de points techniques sont traités de façon approximative. Fait qui dérange : l’absence quasi-totale du monde extérieur à Paris et sa proche banlieue. Ce n’est qu’à la toute fin que l’auteure évoque sur quelques lignes ce qui se passe en dehors du lieu de l’intrigue. Or, en 2035, il parait vraiment étrange que les habitants n’aient aucun contact avec le monde extérieur, surtout quand on sait que Becca est une experte en informatique. C’est comme si le monde se limitait à Paris, et ce n’est pas très crédible.
La narration s’en tient à de l’énonciation, sans recherche stylistique particulière. Elle alterne entre les points de vue de plusieurs personnages, ce qui est enrichissant, mais trop souvent confus. Vers la fin, on change tellement rapidement de point de vue qu’on se perd et qu’on ne comprend plus qui parle. Cette fin est très prévisible et en même temps pas crédible. C’est difficile d’en parler sans spoiler, mais les humains qui se font contrôler par une machine sans justification scientifique, ce n’est pas facile à imaginer.
Enfin, il y a tous les problèmes qui résultent de l’auto-publication. Il y a des problèmes de typographie, notamment au niveau des espaces. On se retrouve avec des points d’exclamation ou d’interrogation en début de ligne. L’auteure remercie à la fin les correcteurs qui ont relu son texte mais il y a beaucoup de fautes (« il se débattu », « ce qu’il s’y cachait »…) et de problèmes de ponctuation. Il y a également de nombreuses répétitions, surtout du verbe être, ce qui alourdit le texte. Enfin, la pagination est mauvaise, les pages impaires sont à gauche au lieu d’être à droite et des folios sont présents sur les pages de fin de chapitre, de l’ours… Ce dernier point ne nuit pas à la lecture mais il témoigne du besoin de comprendre qu’un éditeur est formé pour faire des livres et que c’est compliqué de prendre sa place.
Extrait :

« — Écoute, ce n’est pas parce que dans ton quartier tu es flic que tu dois m’interroger comme un flic ! Ici t’es rien à part un ennemi potentiel ! Je ne suis pas ton pote et je n’ai pas l’intention de le devenir, pigé ?
— Pigé… Message très bien reçu, inspira-t-il tendu en se réinstallant dans son siège.
La situation dans laquelle il se trouvait lui était inconfortable. Jed lui faisait peur. Non pas à cause du fait qu’il soit en train d’astiquer des armes, mais plutôt parce qu’il le trouvait bien jeune pour s’en servir sans créer de dégâts. Il est dans l’âge où on ne maîtrise que moyennement bien nos émotions, pensa-t-il. Une saute d’humeur et je suis foutu. »
Le mot de la fin :

Un bon roman qui présente une intrigue intéressante et bien ficelée, mais qui pêche beaucoup d’un point de vue technique et esthétique.

Alors, voulez-vous tourner ?

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