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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 17 février 2017

Le Procès ~ Franz Kafka

« À quoi cela rimerait ? »


Résumé :

Un jour, deux hommes viennent chez Joseph K. et lui annoncent qu’il est arrêté. Pourquoi ? Quel est son crime ? Une question à laquelle personne ne veut répondre ou ne peut répondre. Arrêté mais libre de circuler, de travailler et de vivre, K. ne comprend pas ce qui lui arrive. Son procès s’ouvre avec un interrogatoire très étrange au cours duquel personne ne donnera son chef d’accusation. K. pense à une plaisanterie et ne se soucie pas de ce qui peut lui arriver. Une erreur que lui fera remarquer son oncle en lui présentant un avocat. K. fait alors plusieurs rencontres mais aucune se semble décisive. Quelle sera l’issue de ce procès hors norme ? La justice est-elle vraiment celle à laquelle nous avons affaire ? Ou n’est-elle pas cachée dans un grenier étouffant, derrière la chambre d’un peintre ?

Le but de ce roman n’est pas l’issue du procès mais vraiment son déroulement. Le lecteur est entraîné avec K. dans un tourbillon d’absurdités qui aboutit à une fin rapide, surprenante et en même temps attendue.
Il y a dix chapitres complets et quelques-uns inachevés. Ils ont tous un titre, ce qui permet de se retrouver dans l’intrigue. Hormis K., les personnages ne sont pas très développés. Ils ne sont que des outils dans les mains de l’auteur qui les utilisent pour permettre à K. d’avancer. Mais ils ne sont pas importants. On sait peu de choses sur la vie de K. avant ce procès. Il est banquier, pas marié, sans enfant, il mène sa petite vie tranquille comme beaucoup de gens. C’est ce qui rend sa situation encore plus incompréhensible.
La parabole de la Loi qui se trouve vers la fin et qui est narrée par l’aumônier des prisons est particulièrement intéressante. Elle donne à réfléchir sur la justice en général et sur le cas de K. en particulier. Par ailleurs, lorsqu’on lit et qu’on est plongé dans l’intrigue, on a l’impression que quelques jours se passent, puis quelques semaines, mais on se rend compte à la fin que cela fait déjà un an que le procès a débuté. L’atmosphère est bizarre, le tout un peu intemporel. On se sent pris dans l’œuvre comme si nous devions aussi trouver une défense à ce procès, comme si nous étions aussi jugés.
Pour ce qui est du style, l’écriture est assez fluide. Les dialogues sont toujours bienvenus pour entrecouper les passages narratifs. Il y a quelques longueurs, notamment lorsque le système judiciaire est décortiqué. Mais cela reste intéressant pour la plupart des passages.
Extrait :

« “Vous auriez dû vous présenter, dit-il, il y a une heure et cinq minutes.”
K. voulut répondre quelque chose, mais il n’en eut pas le temps, car, à peine l’homme eut-il fini de parler, qu’un murmure général s’éleva dans la moitié droit de la salle.
“Vous auriez dû vous présenter il y a une heure et cinq minutes”, répéta alors l’homme en élevant la voix et en jetant les yeux sur le public. La rumeur enfla subitement, puis, l’homme ne disant plus rien, s’apaisa petit à petit. Le calme était maintenant plus grand qu’au moment de l’entrée de K. Seuls les gens de la galerie ne cessaient de faire leurs remarques. »
Le mot de la fin :

Un roman assez équilibré, divertissant et qui instaure une réflexion intéressante quant à la justice et à la morale.

Alors, voulez-vous tourner ?

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