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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 12 février 2017

Dossier ~ Orphelins Baudelaire ~ Chapitre 4 : Lieu de culture

« Vous avez sous les yeux votre nouveau logis. »


« Vous avez sous les yeux votre nouveau logis. » Telles sont les paroles prononcées par M. Poe devant la maison d’Olaf. De nouveaux logis, les enfants en auront exactement sept légalement et six de façon plus informelle, à savoir une clinique, une fête foraine ou encore une île au milieu de nulle part. En tout treize lieux différents accueillent nos héros. Parmi eux, cinq sont brûlés volontairement.
Dans chaque endroit, les enfants trouvent une bibliothèque, parfois un havre de paix pour eux, mais toujours une aide précieuse dans leurs recherches. La bibliothèque est le lieu de savoir par excellence. Mais elle ne prend pas forcément la forme classique, on en trouve sous la table d’une fausse voyante, dans un hangar clandestin ou cachée dans un étang. Pour autant, elle est à chaque fois synonyme de réponses pour les enfants, et d’espoir. Elle représente le lien avec leurs défunts parents qui possédaient une gigantesque bibliothèque. Elle est le symbole de ce que sont les enfants, à savoir des personnes cultivées et curieuses. Elle représente aussi l’éducation inculquée par leurs parents. Grâce à la personnalité de leur propriétaire, les bibliothèques décrites sont toutes spécialisées dans un domaine en particulier : le droit, la grammaire, la mycologie ou encore l’archivage des journaux du pays. Mais elles sont toujours utiles aux enfants, leur fournissant des solutions à court terme. Chaque plan d’Olaf déjoué l’est grâce à leurs recherches, mais jamais ils ne sont parvenus à y trouver des réponses à leurs principales questions, comme par exemple le contenu du sucrier. Il y a en quelque sorte un savoir inaccessible, parce que trop dangereux ou juste trop lointain. Soit la bibliothèque brûle avec le bâtiment qui l’abrite, soit les enfants doivent partir sans espoir de revenir. Il y a en quelque sorte une fatalité qui rejoint le côté tragique de l’histoire. Le savoir est à portée de mains, mais la possibilité n’est pas laissée aux enfants de les tendre suffisamment.

Citation de début in Tout commence mal, chapitre 2
La bibliothèque est tellement importante que le douzième lieu, l’hôtel Dénouement, possède un système bien particulier : le système décimal de Dewey. Chaque étage est réservé à un type de clients. Par exemple le 8e est dédié à ceux qui aiment la littérature et la rhétorique. L’hôtel est construit face à un plan d’eau, de la même dimension, dans lequel il se reflète. [spoil]Il y a en fait un deuxième bâtiment dans cet étang qui est appelé le catalogue et qui contient toutes les informations possibles et imaginables sur VDC. C’est une bibliothèque secrète accessible par un souterrain. Son gérant s’appelle Dewey, en référence au système utilisé. Lorsque les enfants discutent avec lui, ils apprennent, en même temps que le lecteur, que le bibliothécaire a collecté beaucoup d’informations sur les différents lieux par lesquels ils sont passés. On apprend donc que tous ces lieux, les maisons des tuteurs et ceux qui suivent, ont un lien direct ou indirect avec VDC.[/spoil] Alors qu’on entame la série en lisant simplement une histoire, on se rend compte que tout est savamment construit depuis le début afin de donner un cadre parfaitement carré à l’intrigue. Tout tient dedans. Chaque lieu représente une partie d’une carte qui se constitue à la fin. [spoil]L’auteur évoque la maison du professeur Montgomery au tome 2, et au tome 10 on apprend qu’il existe un passage secret entre elle et la maison des Beauxdraps, que les enfants rencontrent au tome 5.[/spoil]
C’est donc une construction qui démarre dès le premier tome lorsque les enfants, sur la plage de Malamer, apprennent la mort de leurs parents. La référence au poème « Le morse et le charpentier » de Lewis Carroll revient plusieurs fois dans la série et notamment par cette plage de Malamer. La mer est à la fois le point de départ et le point d’arrivée de la série. Elle est un connecteur logique. La plage évoquée est toujours déserte, c’est en quelque sorte une page blanche où les enfants écrivent leur histoire.
Les lieux reviennent dans la série dans une sorte de cycle. Tout revient à son point de départ à un moment donné, comme le montre l’île du dernier tome qui est un aboutissement et un lieu de passage vers une nouvelle vie.

























































Alors, voulez-vous tourner ?

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