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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 29 janvier 2017

Dossier ~ Orphelins Baudelaire ~ Chapitre 2 : Collectifs vs individus

« Quand les humains sont en troupeau, ils ne réagissent pas du tout de la même façon que lorsqu’ils sont seuls ou en petit groupe. »



Un des points intéressants dans la conception des personnages est leur répartition en deux catégories : les collectifs et les solitaires.
Commençons par les collectifs. Le trio Baudelaire est évidemment le premier que le lecteur croise. Un trio complémentaire, solidaire face à l’adversité. Un point récurrent est alors mis en évidence dans la série : nous avons très souvent affaire à des fratries de trois.
En plus des Baudelaire, il y a la fratrie Snicket, les triplés Beauxdraps ainsi que les triplés Dénouement. Ces fratries sont toujours divisées, soit géographiquement comme les Beauxdraps, car Petipa [spoil]est séparé de son frère et de sa sœur à cause de l’incendie de leur maison[/spoil], soit idéologiquement comme les Dénouement dont un des frères, Ernest, est un scélérat tandis que les deux autres sont des nobles. Le collectif est mis en valeur car il permet de montrer une dynamique et de créer une émulation entre les personnages. Violette et Klaus se demandent souvent ce que ferait l’autre à leur place dans les situations difficiles. Les parallèles entre les différentes fratries sont de plus en plus aisés à établir au fil des tomes et de la rencontre des personnages. C’est là que le lecteur comprend que l’auteur n’a rien laissé au hasard depuis la première description faite des enfants. En effet, chaque Beauxdraps possède également un domaine de prédilection qui permet de faire le complément des Baudelaire, à savoir la cartographie, la poésie et le journalisme.
Une autre forme de collectif très récurrente est la foule. Elle est présente dans presque tous les tomes mais devient essentielle à partir du tome 7. Il y a plusieurs types de foules : les villageois en colère, les médecins passionnés, les visiteurs curieux ou encore les colons soumis. Ils sont à chaque fois un frein à la progression des enfants dans leur quête de vérité et surtout dans leur volonté de dénoncer Olaf. Klaus trouve ce qui les pousse à se liguer continuellement contre eux : l’instinct grégaire. Chaque individu est poussé à suivre le mouvement de la foule, ce qui l’empêche de réfléchir par lui-même. C’est un moyen pour l’auteur d’isoler davantage les enfants et de les pousser dans leurs retranchements afin de trouver une nouvelle échappatoire. Les différents individus de la foule ne sont pas des ennemis en soi, mais rassemblés ils le deviennent rapidement. Cela met en valeur le caractère pathétique de la situation dans laquelle se trouvent les enfants.
Lindividu solitaire est le pendant de ce collectif. Il est représenté par le comte Olaf, M. Poe, le narrateur d’une certaine façon et la journaliste du Petit Pointilleux. Ils ont chacun un rôle bien défini et un point de vue différent sur la situation. Olaf est le méchant qui voit tout par le prisme de la fortune Baudelaire. Il est incapable de changer de cap et préfère se débrouiller seul si ses compères sont incapables de faire ce qu’il faut, c’est ce qui le pousse à renvoyer Esmé. M. Poe représente le point de vue extérieur à VDC, de même que la journaliste. Ils ont toujours un train de retard et ne parviennent pas à voir ce qu’ils ont sous le nez. Ce sont des intrus qui ne parviennent pas à s’insérer dans l’intrigue liée à VDC, c’est parfaitement clair lorsque M. Poe reçoit un billet d’un certain J.S. (que les enfants savent être un VDC) et qu’il pense qu’il s’agit de la journaliste. Le narrateur est, par la force des choses, isolé puisqu’il se trouve dans le temps de l’énonciation. Lorsque les enfants vivent leurs mésaventures, le narrateur est en cavale et lorsqu’il rédige son enquête il est toujours recherché et, comme il l’annonce plusieurs fois, la plupart des personnages sont morts ou cachés. Enfin, vient le personnage de Béatrice, énigmatique jusqu’à la dernière ligne. Elle semble être hors temps et hors espace, immatérielle mais elle est pourtant citée bien des fois par Lemony. Notre seule certitude de lecteur : elle est morte. La Béatrice est une figure littéraire qui apparaît d’abord chez Dante et dont Charles Baudelaire fait un poème dans Les Fleurs du mal. La femme aimée par Lemony est une personne inaccessible, comme nous le signalent toutes les dédicaces.



Citation de début in L'Arbre aux corbeaux, chapitre 8





























































Alors, voulez-vous tourner ?

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