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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 22 janvier 2017

Dossier ~ Orphelins Baudelaire ~ Chapitre 1 : Cartes d'identité

« Sa troupe envahit la cuisine, petit assortiment de personnages insolites, de toutes les formes et de toutes les dimensions »


Les enfants forment un trio. Chacun possède un signe distinctif et brille dans un domaine : Violette avec son ruban est fascinée par la mécanique et l’ingénierie, Klaus et ses lunettes font des merveilles dans la recherche en tout genre, et Prunille armée de ses dents se démarque en cuisine. Ils détestent le feu mais apprennent à le maîtriser afin de survivre au milieu des scélérats. Ténacité et solidarité les définissent et par-dessus tout culture. Petits génies, leurs connaissances leur permettent de déjouer les pièges d’Olaf et de franchir les obstacles qui se dressent devant eux. Prunille est très intéressante car, bébé, elle s’exprime dans un langage qu’un lecteur non averti pourrait qualifier de babillage. Cependant, chaque prise de parole est en fait une référence culturelle, comme lorsqu’elle dit « Turner » pour évoquer le coucher de soleil, ce qui fait d’elle une des plus cultivées de la série.
Le comte Olaf, méchant par excellence, fait frémir petits et grands. Sinistre personnage aux sourcils soudés et à l’odeur douteuse, il se délecte de la peur qu’il procure et n’hésite pas à employer les grands moyens, même si cela signifie assassiner. Après le tome 1, où il est reconnu coupable de maltraitance envers les enfants, il revient sur le devant de la scène à chaque tome, déguisé pour mieux tromper. Acteur de son état, il est très créatif, tous les moyens sont bons pour mettre la main sur la fortune Baudelaire. Il l’affirme lui-même, « des allumettes, j’en ai toujours sur moi ». Le feu est son arme. Il se revendique auteur d’incendies criminels, se prétend presque artiste. Mais chaque artiste possède sa cécité, la sienne étant son absence quasi-totale de culture, ce qui l’empêche de triompher totalement des enfants, qui lui échappent au dernier moment. Il est toujours accompagné de plusieurs comparses qui l’aident dans ses plans diaboliques, et notamment sa fiancée Esmé d’Eschemizerre, qui l’égale en scélératesse.


Citation de début in Tout commence mal, chapitre 4
Ebenezer Poe, banquier de son état, est l’oiseau de mauvais augure. Totalement déconnecté de la réalité, il ne s’aperçoit pas de la détresse des enfants et n’est d’aucune aide, comme le précise la banque où il travaille : le comptoir d’Escompte Pal-Adsu. Tousser dans son mouchoir est certainement sa seule compétence. Il se croit important (à cause de ses nombreuses promotions) et se prend pour quelqu’un d’occupé. Il laisse les enfants rencontrer chaque nouveau tuteur, à partir du tome 3, seuls. Son nom vient du célèbre Ebenezer Scrooge, le banquier le plus avare de la littérature, et de l’écrivain Edgar Poe que l’auteur apprécie particulièrement. Ce dernier se moque de cet archétype du banquier qui se croit plus haut que tout le monde et qui ne bouge jamais le petit doigt. M. Poe n’a jamais couru après Olaf, il se contente simplement de lui ordonner de ne pas bouger. De plus, il confond le Père Noël avec Herman Melville, encore un total manque de culture.
Tous les tuteurs des enfants sont sortis du même moule mais ont du mal à sortir de la caverne. Ils se bercent d’illusions et font la sourde oreille aux cris de détresse des enfants. Hormis le premier tome où Olaf est leur tuteur, les tomes 2 à 7 présentent des tuteurs très différents dans leurs intérêts et en même temps parfaitement semblables dans leurs défauts. Pour n’en citer que quelques-uns : la lâcheté, la naïveté, l’absence de discernement.
Les enfants ont donc affaire à des adultes qui se sentent complètement dépassés par la tâche qui leur est confiée. Que ce soit M. Poe ou les tuteurs, ils sont incapables de prendre du recul sur la situation et d’analyser correctement les données à disposition. C’est d’autant plus flagrant avec les nombreux déguisements d’Olaf. La seule aide à laquelle les enfants peuvent prétendre est celle d’autres enfants, que sont les triplés Beauxdraps,  ainsi que celle de quelques nobles de l'organisation VDC.
Lemony Snicket, narrateur, est aussi un personnage de l’intrigue. Il est de la fratrie Snicket, une des familles nobles de VDC. Il mène son enquête sur les orphelins Baudelaire, dans un souci de vérité. Accusé à tort de certaines choses par le passé, il a fui la justice et s’est caché pour recueillir des informations et publier tous ses ouvrages. Tout au long des chapitres, il nous fait part de l’avancement de son enquête et nous décrit même ce qu’il trouve, au moment où il écrit. La vipère Mort-Sûre qui apparaît dans les tomes 2 et 13 serait une sorte de figure du narrateur. Surnommée Ink (encre), elle permet de boucler la boucle en offrant aux enfants [spoil]de vivre [/spoil] à la fin.

































































Alors, voulez-vous tourner ?

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