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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 30 décembre 2016

Autobiographie des objets ~ François Bon

« Les mots et les rêves sont supérieurs aux gestes et aux actes. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Aux deux extrémités du marais poitevin, deux mondes : l’un qui serait celui de la terre et des livres, l’autre celui de la mer et de la mécanique. Ma vie s’est construite autour des objets qui peuplaient ces mondes.
Voilà un objet bien intéressant et intrigant. Il est rare d’entendre parler d’autobiographie des objets. Pourtant, c’est bien d’eux que parle François Bon, à travers 64 petits articles. Du nylon à l’armoire aux livres, en passant par les jouets, la poule mécanique ou les sandales indiennes. Mais, l’auteur ne peut parler uniquement de ces objets de façon détachée. Au détour d’une description, sa vie entre en scène, sa relation avec sa famille, ses amis, les objets du quotidien. L’écrivain en action évoque ses souvenirs, fait des allers-retours entre les décennies. Il utilise les objets pour faire jaillir des sentiments, des regrets, du plaisir, et il invite le lecteur à pénétrer dans ce grenier empli d’objets.
Au début, on ne sait pas trop où regarder, on farfouille un peu, on hésite. Puis l’auteur nous prend par la main et nous montre ce qui lui semble important aujourd’hui ou ce qui l’a été dans son enfance. Jeunes lecteurs, il y a beaucoup de choses dont vous n’avez jamais entendu parler, mais rassurez-vous, certains passages vous sont plus familiers. Et puis, c’est l’occasion de comprendre un peu mieux les habitudes des parents et grands-parents. D’ailleurs, vous rirez sûrement de certaines coutumes qui peuvent sembler bien inutiles aujourd’hui. Pour les moins jeunes, vous trouverez certainement votre bonheur et de quoi vous souvenir des belles années vécues. C’est drôle de voir l’évolution des technologies, des façons de s’occuper et de vivre finalement. Tout ce dont parle François Bon ne remonte pas à tant d’années que ça, et pourtant on sent une réelle fracture entre certaines choses. L’auteur lui-même affirme que de nouveaux objets, comme l’ordinateur, ont remplacé les anciens de façon quasi définitive, et c’est assez triste de voir à quel point on s’est détourné de certaines pratiques.
Dans ces deux mondes présentés, tout semble très doux, feutré, comme si le voile du temps avait déposé de la poussière et que vous deviez ne pas marcher trop vite pour éviter d’en mettre partout. Vous êtes invité à lire et découvrir dans la sérénité, confortablement installé dans un espace vraiment charmant. En somme, vous entrez dans une sorte de musée dont vous savez que vous faites un peu partie, car vous accordez, vous aussi, une valeur à certains objets décrits ici. À travers son enfance, François Bon raconte celle de beaucoup de personnes qui ont vécu à son époque et permet aux nouvelles générations de comprendre les évolutions de certaines coutumes et de faire des parallèles intéressants, voire surprenants.
Extrait :

« Au contraire du roman qui fabrique un monde et vous aspire à l’intérieur, d’autres livres accueillent le monde du dehors et l’honorent comme tel. Alors, à y marcher, on l’appréhende en douceur. On vient lire ces livres non romans comme on appréhende une ville ou le réel même. Mais est-ce que ce n’est pas en partie ce qu’on cherche ensuite, dans l’écriture même ?
Les livres d’enfance le savent bien, et s’appuient sur ce fonctionnement même – objets illustrés, définitions associées, planches, qui prouvent la réalité de ce qui ici s’invente. »
Le mot de la fin :

Cet ouvrage se lit assez rapidement, grâce à sa structure, et propose une vision à la fois personnelle et universelle de plusieurs décennies très marquées culturellement.

Alors, voulez-vous tourner ?

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