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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 17 juillet 2016

Comédie française. Ça a débuté comme ça… ~ Fabrice Luchini

« Je suis une femme du monde moi, je tapine à mes horaires, comme disait Céline. »

Résumé de la quatrième de couverture :

Il nous a fait redécouvrir La Fontaine, Rimbaud et Céline. Il incarne l’esprit et le panache de la langue française.
En prose, en vers et même en verlan, il a donné sa voix à d’immenses auteurs, auxquels il sait faire respirer l’air de notre temps – en racontant la fureur du Misanthrope à l’ère du téléphone portable, ou la sensualité de « La Laitière et le pot au lait » sur l’air d’une publicité pour Dim.
Il a quitté l’école à quatorze ans pour devenir apprenti coiffeur. Il est aujourd’hui l’un de nos plus grands comédiens, célébré pour ses lectures-spectacles, couronné par la Mostra de Venise pour son rôle dans son dernier film, L’Hermine.
Dans son autobiographie, Fabrice Luchini livre le récit d’une vie placée sous le signe de la littérature, à la recherche de la note parfaite.
Il ne s’agit pas d’une autobiographie à proprement parler. Divisé en chapitres, cet ouvrage offre à la fois des souvenirs d’enfance, des réflexions sur la culture, les médias, la littérature et l’évocation d’événements qui se déroulent au moment de l’écriture. Une police de caractère différente sépare ces instants du reste du chapitre. Ils s’apparentent à des pages de journal de bord avec date et lieu. Le ton, le vocabulaire, les expressions et les citations sentent le Luchini, ils sont faits de sa pâte. On peut souligner le fait que la photographie de couverture est bien choisie, car elle pose Luchini avec douceur et ça change de d’habitude.
Les passages plus littéraires reprennent quelques moments de son spectacle Poésie ?. Les citations sont parfois très longues, jusqu’à plusieurs pages, ce qui est dommage car cela réduit les propos de l’auteur. De façon générale, le livre donne l’impression d’avoir subi un remplissage avec ces citations, les nombreuses répétitions dans le style de Luchini et ces pages de journal qui ne comportent parfois que deux lignes. De même, à la fin, une très longue bibliographie s’étale sur une dizaine de pages, il s’agit de la liste des livres cités. Elle parait longue, mais en réalité certaines références reviennent plusieurs fois car la citation ne provient pas de la même page dans l’édition originale. C’est encore, à mon sens, une façon de remplir simplement pour atteindre le nombre de pages voulu.
Heureusement, tout n’est pas dans cette veine. Luchini évoque plusieurs souvenirs de sa vie de jeune adulte, ses premiers rôles, son métier de coiffeur, la manière dont il appréhende la ville. Certaines anecdotes sont désormais très connues, mais c’est toujours un plaisir de les retrouver. L’auteur nous invite également à plonger dans son univers littéraire, avec ses auteurs favoris, La Fontaine, Molière, Rimbaud, Nietzsche. Il ne fait pas d’explications de texte style baccalauréat, il livre simplement ses impressions, car c’est bien ce qui ressort de tout cela, ces auteurs se sont imprimés en lui et l’ont modelé.
Extrait :

« À la lueur de Flaubert, à mon petit niveau, j’ai compris assez rapidement ce cirque immense qu’étaient les médias. Je ne vais pas être plus malin que les autres, mais je ne vais pas les servir. Et j’arrive en leur disant de manière chrétienne, je parle au nom du père, au nom de mes écrivains. Je suis tellement sûr de mes écrivains – Céline, Flaubert, La Fontaine, Molière – que je suis inébranlable, incontestable. Je parle de gens plus grands que moi. Je transforme leur question à la confidence du petit ego. Et puis c’est original, minoritaire. Ça n’habite pas tant que ça, l’œuvre d’art. Très peu de gens vont mal au point d’écouter Wagner et de lire Spinoza le matin. Il doit y en avoir 3500 en France. Si tu lis Spinoza le matin, si tu te tapes un Wagner le soir : tu ne fais pas de jogging, tu ne regardes pas le foot, tu ne bouffes pas, tu ne baises pas et tu ne vas pas bien. »
Le mot de la fin :

Un ouvrage qui pourra intéresser les fans de Luchini et de littérature, mais qui ne convaincra pas ceux qui ne l’apprécient pas ou ne le connaissent pas.

1 commentaire:

  1. Une lecture qui doit être enrichissante, pour lui comme pour nous. Je note !

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