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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 14 février 2016

Le Paris des Merveilles : Les Enchantements d'Ambremer ~ Pierre Pevel

« La magie s’étudie mais ne s’apprend pas. »




Résumé de la quatrième de couverture :

Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons ; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétaradent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n'est pas le Paris de la Belle Epoque tel que nous l'entendons : la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permet de rejoindre le pays des fées.

Occupé à enquêter sur un trafic d'objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n'a d'autre choix que de s'associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connait que trop bien...
Beaucoup de gens s'attachent à la couverture et il faut avouer que pour ce livre on ne voit presque que ça. Puis, on regarde quand même la quatrième de couverture, histoire de conforter sa première impression. Grâce à ces nouvelles informations, on prend le livre, on l'achète ou on l'emprunte et on va se poser dans un coin tranquille pour plonger dans des aventures merveilleuses.

Bienvenue à Paris, 1909. Griffont, un mage à la vie plutôt tranquille, est entraîné malgré lui au cœur d'une enquête sur des disparitions, des meurtres, bref des histoires un peu louches. En même temps, tout semble un peu louche quand vous commencez ce livre avec un gnome au franc-parler et qu'en poursuivant vous vous apercevez que Griffont se confie à un arbre. Toujours est-il que vous n'avez pas votre mot à dire, vous prenez le coche et vous suivez ce gentil monde. Et quel monde ! Un univers fascinant s'offre à vous, déjà bien détaillé dans le résumé, mais lire les descriptions des Cercles, des salons ou de la bibliothèque d'Ambremer vous fera regretter de ne pas avoir les talents de Mary Poppins pour entrer dans les œuvres. Réalité et fiction sont habilement mêlées, donnant des repères au lecteur tout en lui réapprenant l'histoire. Vous ne manquerez donc pas de réajuster vos connaissances en déplaçant, entre autres, Rabelais et Gutenberg dans la catégorie des mages. La vie anime chaque page, chaque lieu, et vous finissez par y croire à ces chats-ailés. Paris semble merveilleuse sous ses nouvelles couleurs et la lumière féérique qui la baigne.
Pas mal de personnages entrent en scène. Griffont et Isabel se trouvent au-devant de la scène mais nul doute que les deux prochains tomes affirmeront le rôle de certains qui nous semblaient plus secondaires. Le Petit Maître des Rêves a certainement beaucoup à apporter à cet univers incroyable et à l'intrigue. Azincourt est bien secondaire mais il fait son effet. La relation entre Griffont et Isabel est assez évidente à deviner mais la subtilité de ce duo les rend crédibles sans être clichés.
Question écriture, on a parfois l'impression que le narrateur est un parent éloigné d'Adèle Blanc-Sec, tant son langage est direct. Il instaure un dialogue avec le lecteur en s'adressant plusieurs fois à lui et cela renforce l'intérêt pour l'action. Cette dernière demeure d'ailleurs un point fort de ce premier tome. Une quasi-absence de temps morts et une tension palpable tout au long des chapitres captent l'attention avec efficacité et ne la relâchent pas avant la dernière ligne. En parlant de la fin, elle propose une ouverture car, bien sûr, le héros ne bat pas les vilains dès le premier tome. Cependant, il est très facile de se contenter uniquement de cette aventure si on n'a pas été totalement convaincu par l'univers proposé.
Une petite aventure de Griffont et Isabel est donnée à lire à la fin du roman, intitulée Magicis in mobile. Elle se déroule un an après et présente une crue incroyable de la Seine avec l'apparition d'un étrange vaisseau coincé au milieu de Paris. Griffont ne tarde pas à résoudre l'énigme qui inclut une technologie absolument incroyable. Par ailleurs, les amateurs d'un écrivain aux célèbres voyages apprécieront le clin d'œil.
Extrait :

« Que dire de l'entretien que l'antiquaire accorda à Griffont, sinon qu'il se déroula au mieux ? Le magicien joua parfaitement son rôle : à mots couverts, il prétendit être fortuné et désirer acquérir des objets de l'OutreMonde, ou qui auraient appartenu à des magiciens, voire qui conserveraient certaines « vertus » extraordinaires. Alandrin comprit très bien. S'il ne promit pas grand-chose, il laissa entendre que rien n'était impossible et accepta de garder la carte de son visiteur. C'était très bon signe.
Laissons donc Griffont à ses intrigues, convenons de le retrouver plus tard, et intéressons-nous plutôt à la belle inconnue qui l'émut tant. Sans doute avez-vous deviné de qui il s'agit. »
Le mot de la fin :

Ce premier tome promet une trilogie haute en couleurs et en rebondissements. La fantasy est exploitée de façon originale et astucieuse.


2 commentaires:

  1. Je l'ai déjà vu sur un autre blog donc noté. La couverture m'attire, c'est vrai !

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  2. Rien que pour la couverture je souhaite le lire :)

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