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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

lundi 18 janvier 2016

Le Mythe de Cthulhu ~ H.P. Lovecraft

« Ce n’est que dans les romans qu’on accomplit les gestes dramatiques et attendus »




Résumé de la quatrième de couverture :

Partout dans le monde renaissent des rituels hideux d'un culte blasphématoire que l'on croyait disparu à jamais : le culte de Cthulhu. Les peuplades primitives se révoltent pour adorer d'odieuses idoles à l'effigie de la monstrueuse créature à tête de poulpe, endormie depuis des millions d'années dans sa demeure sous-marine de R'lyeh. Les temps seraient-ils venus ? Quelques hommes courageux, comme le professeur Angell, l'inspecteur Legrasse et le lieutenant Johansen, vont tenter de s'opposer au réveil de Cthulhu. Mais que peut le courage contre une abomination venue d'outre-espace, dont la simple vue suffit à vous faire perdre la raison ?

Six nouvelles terrifiantes, où se déchaînent des forces que l'esprit humain ne parvient même pas à concevoir...
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai adoré ces nouvelles. Le lecteur est plongé dans du fantastique, du vrai. L'auteur nous embarque avec lui sur un fil, tanguant entre réalité et forces étranges. La tension, l'ambiguïté sont bien présentes tout au long du livre.
Sur les six nouvelles, seule la première s'attache à Cthulhu, les autres s'articulent autour d'autres phénomènes comme les forces extraterrestres, les créatures folkloriques ou encore les humains dégénérés. La folie tient lieu de fil conducteur, de même que l'horreur.
Nous avons toujours affaire à un narrateur qui parle à la première personne, ce qui renforce la tension car nous participons à ses enquêtes. En effet, dans chaque nouvelle, le narrateur tente de comprendre les phénomènes dont on lui parle ou dont il est témoin. C'est presque une démarche scientifique avec une enquête méticuleuse, des preuves, des témoins.
Chaque nouvelle explore un aspect différent du fantastique, que ce soit des monstres physiques ou de vieilles croyances un peu louches. Le lecteur reste toujours dans l'incertitude, même si les chutes sont quasiment sans appel, on se pose la question de savoir si le narrateur n'a pas halluciné. On retrouve le même type de personnages : ceux qui sont persuadés que ces phénomènes étranges sont bien réels et ceux qui pensent à des fables.
L'auteur joue sur des descriptions particulièrement angoissantes, très précises, si bien que les histoires semblent très réalistes. Le style fluide donne beaucoup de souplesse au texte qui est très agréable à lire et facile à suivre. Cela contrebalance le vocabulaire parfois technique. De plus, l'action arrive presque immédiatement, il n'y a pas de temps mort.
L'édition J'ai Lu n'est pas la plus avenante, la police d'écriture est assez serrée. Cependant, une fois entré dedans, les pages défilent rapidement.
Extrait :

« J'entendis d'abord, venant des profondeurs inconcevables, un bruit de galopade, un halètement infernal, un grondement sourd, et enfin je vis sortir, par l'ouverture située à la base de la cheminée, un jaillissement de vie multiple et repoussante, un flot abominable et ténébreux de corruption organique, mille fois plus hideux que les conjurations les plus noires de la folie et de la morbidité. Grouillante, bouillonnante, houleuse, écumante comme de la bave de serpent, s'étendant comme une maladie infectieuse, cette horreur sans nom sortait de ce trou béant, et débordait de la cave par toutes les issues possibles pour se répandre dans les maudites forêts nocturnes et semer la terreur, la maladie et la mort. » in « La peur qui rôde »
Le mot de la fin :

Un recueil en soi plutôt court mais vraiment dense qui met en valeur les talents d'écriture et de créateur de l'auteur. A lire pour les amoureux du vrai fantastique à la Poe.


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