Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mardi 17 novembre 2015

La Musique du silence ~ Patrick Rothfuss

« Quand Auri se fut remise, la flamme jaune bondissante sembla rendre tout étrange et inquiet »




Résumé de la quatrième de couverture :

Rares sont ceux qui connaissent l'existence du Sous-Monde, une toile brisée d'anciennes galeries et de pièces laissées à l'abandon qui s'étend dans les profondeurs de l'Université. Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée dans le cœur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme.
Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu'elle se fraie dans cet univers souterrain. A moins qu'elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence...
Son nom est Auri.
Et sa vie est peuplée de mystères. 
Nous suivons Auri dans le Sous-Monde. C'est un univers vraiment fascinant qui s'offre à nous, à travers les yeux de la jeune fille. Auri ressent chaque objet comme s'il était animé, les portes sont parfois embarrassées, un bouton sous un tapis se sent à l'aise. Elle passe ses journées à déplacer des choses, afin que tout soit à sa place. Et surtout, elle l'attend. Qui ? Je vous laisse le découvrir.
J'ai vraiment eu l'impression d'entrer dans l'intimité de quelqu'un. En même temps, cet univers, par son décor, la description des objets, m'a un peu fait penser à Alice au pays des merveilles. Auri connaît le nom de tous les endroits par lesquels elle passe, et lorsqu'elle pénètre dans un nouveau lieu, son nom lui apparaît comme si la pièce la saluait et se présentait.
Tout le roman est dominé par un langage poétique très étrange. Il n'y a pas de dialogue, ce qui peut être déroutant, mais finalement c'est mieux comme ça. On ressent le silence des lieux et en même temps la vie qui l'imprègne. C'est écrit à la troisième personne mais avec un point de vue interne, ce qui se répercute sur l'écriture. Les phrases sont assez courtes, simples, ce sont vraiment les pensées d'Auri.
La fin m'a en quelque sorte déçue car je m'attendais à quelque chose de plus explicite. Mais elle fait davantage travailler notre imagination, ce qui est tout aussi agréable. C'est comme si le roman n'avait pas de fin en soi. Il nous décrit sept jours de la vie d'Auri, on sait qu'il y a un but à tout ce qu'elle entreprend mais on n'y a pas accès.
L'édition de Bragelonne est illustrée par Marc Simonetti et ce sont vraiment de beaux dessins, en noir et blanc, très détaillés, qui sont quand même vagues dans le sens où Auri n'est pas représentée, ce sont juste des éléments, si bien que le lecteur fait appel à son imagination, autant que s'il n'y avait pas d'illustrations.
La préface et la postface sont intéressantes car c'est l'auteur qui s'adresse à nous lecteurs et qui nous explique comment et pourquoi il a écrit ce roman. Il nous fait part de ses doutes et partage sa vision du personnage d'Auri. Comme il le dit lui-même au début, il vaut mieux avoir lu Le nom du vent et La peur du sage avant, parce qu'ils nous expliquent comment se comporte Auri lorsqu'elle n'est pas dans le Sous-Monde et sa relation avec Kvothe.
Extrait :

« Auri se releva et il y eut alors en elle un déclic, comme une clé tournant dans une serrure. La pièce avait à présent la perfection d'un cercle. Telle une cloche. Telle la lune quand elle est parfaitement pleine.
De joie, Auri se mit à rire, et chaque éclat de son rire était comme un petit oiseau fusant de sa gorge pour s'élancer dans le salon.
Elle se tint au centre de la pièce et tourna sur elle-même pour la voir tout entière. Et quand son regard avisa l'anneau posé sur la table, elle vit que ce n'était plus là sa place. Il était libre d'aller où il le désirait. Il vibrait d'un chant doré et la braise qu'il renfermait était aussi délicate qu'un après-midi d'automne.
Débordant de joie, Auri se mit à danser. Ses pieds nus blancs sur la douceur noire de mousse du tapis. »
Le mot de la fin :

Un roman très attendu que j'ai dévoré, un peu trop court certes, mais vibrant, poétique et beau !

2 commentaires:

  1. il est dans ma PAL tu me donnes envie de l'en sortir rapidement ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça me fait plaisir ! La perception qu'on en a est très subjective, je sais que beaucoup de gens ont été déçus, mais cela reste une expérience littéraire intéressante ;)

      Supprimer

N'hésitez pas à laisser votre nom et votre blog si vous en avez un ! :)

Merci de votre visite !