Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 18 octobre 2015

Fahrenheit 451 ~ Ray Bradbury

« Si vous vous noyez, au moins mourez en sachant que vous vous dirigiez vers le rivage. »



Résumé de la quatrième de couverture :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Le pompier Montag se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.
C'est un classique de science-fiction qu'il est important de connaitre pour les amateurs du genre.
L'intrigue est très intéressante, il n'y a pas énormément d'actions, plutôt des discours et des réflexions mais qui font tout autant avancer l'histoire. La question que le lecteur se pose est : Montag va-t-il aller au bout ? En effet, il est pompier au début, il brûle les livres, mais il fait la rencontre d'une étrange jeune fille au langage poétique et aux origines incertaines. Cette rencontre va lui faire opérer un virage radical qui le mènera très loin, sans possibilité de retour. Toutes ses certitudes vont s'effondrer une à une.
La société décrite parait angoissante pour nous, qui sommes habitués à lire, mais je ne peux m'empêcher de penser à ce que nous aurions fait si nous n'avions pas connu autre chose qu'un monde d'écrans. C'est toujours le parallèle avec la question : aurions-nous résisté ou non ?
C'est une atmosphère assez pesante, nous suivons vraiment Montag dans sa vie, son métier, et jusqu'à la moindre de ses pensées. A la fois enrichissant et angoissant, ce système nous fait pleinement entrer dans la psychologie du personnage. Les réflexions qu'il a sur lui-même et son mode de vie donnent matière à méditer sur la place de la littérature, ses valeurs et la relation que nous entretenons avec elle. J'ai particulièrement aimé la discussion entre Montag et Faber dans la deuxième partie car on entre véritablement dans le vif du sujet.
Il y a finalement peu de personnages et cela nous permet de nous concentrer sur leur comportement et leurs paroles.
Extraits :

« La culture tout entière est touchée à mort. Il faut en fondre le squelette et le refaçonner. Bon Dieu, ce n'est pas aussi simple que de reprendre un livre que l'on a posé un demi-siècle plus tôt. N'oubliez pas que les pompiers sont rarement nécessaires. Les gens ont d'eux-mêmes cessé de lire. Vous autres pompiers faites votre petit numéro de cirque de temps en temps ; vous réduisez les maisons en fumée et le joli brasier attire les foules, mais ce n'est là qu'un petit spectacle de foire, à peine nécessaire pour maintenir l'ordre. Il n'y a presque plus personne pour jouer les rebelles. »
Le mot de la fin :

Un roman assez court mais dense qui nous présente, par le regard d'un homme ordinaire, les dérives de la société en matière de culture et notre tendance à être des moutons incapables de voir plus loin que le bout de notre nez.

2 commentaires:

  1. J'adore ta critique et je note enfin ce titre. Je ne suis pas fan de scient-fiction mais il faudrait au moins que je lise les classiques du genre !

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  2. Merci ! Ça reste assez soft comme science-fiction, il n'y a pas de robots partout, on est aux Etats-Unis et pas dans l'espace, donc c'est quand même assez abordable :)

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