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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mercredi 7 octobre 2015

Dans la solitude des champs de coton ~ Bernard-Marie Koltès

« dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d’'une prison, ou dans la solitude d’'un champ de coton »





Mon résumé :

Un homme en rencontre un autre, un dealer et un client. Mais qui est qui ? Un échange étrange s'engage où chacun cherche à surprendre l'autre dans ses faiblesses et à lui faire avouer que c'est lui qui a besoin de l'autre.
J'ai lu cette pièce pour la prépa. Au début, je n'ai rien compris. Et puis la fin est arrivée très vite et je me suis trouvée bien embarrassée. Alors, je l'ai relu. J'ai pris mon temps et je suis rentrée davantage dans ce dialogue si particulier. Koltès a un style vraiment unique, chaque mot est mesuré. Il n'y a rien de superflu.
Pour ce qui est de la pièce, il y a une ambivalence des deux personnages. On ne sait pas ce qu'ils font là, ce qu'ils veulent et où cela va les mener. Les questions s'enchaînent mais pas les réponses. Ce sont deux anonymes, dans un endroit inconnu, le tout est intemporel et peut toucher n'importe qui.
C'est une pièce très intrigante. Le thème est le deal. Mais les personnages se renvoient la balle : ce n'est pas lui qui a besoin de l'autre. Et au fond, que cherchent-ils ? De quoi ont-ils besoin ? Pas d'une marchandise explicitement définie.
Patrice Chéreau a fait trois versions de cette pièce avec différents objets : la drogue, l'homosexualité et un sentiment non défini. Ses mises en scène sont vraiment incroyables et mettent en avant le talent de l'auteur de faire des textes aussi profonds. La preuve en est : la pièce fait moins de 60 pages et la mise en scène dure près d'une heure et demie.
Extraits :

« la seule frontière qui existe est celle entre l'acheteur et le vendeur, mais incertaine, tous deux possédant le désir et l'objet du désir »
« car ce que tout homme ou animal redoute, à cette heure où l'homme marche à la même hauteur que l'animal et où tout animal marche à la même hauteur que tout homme, ce n'est pas la souffrance, car la souffrance se mesure, et la capacité d'infliger et de tolérer la souffrance se mesure ; ce qu'il redoute par-dessus tout, c'est l'étrangeté de la souffrance, et d'être amené à endurer une souffrance qui ne lui soit pas familière. »
Le mot de la fin :

Koltès n'est pas le premier dramaturge vers lequel on se tourne quand on lit du théâtre du XXe mais il me semble essentiel. C'est une véritable expérience de lire son oeuvre. Aimer ou ne pas aimer est secondaire, il faut au moins lire une fois pour voir ce qu'un écrivain peut faire avec pour seul matériel les mots.

2 commentaires:

  1. J'ai ce livre en attente de lecture et je ne savais pas tellement ce qu'il racontait. Vivement que je me lance dedans :-)

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    1. C'est difficile de dire précisément de quoi il retourne, mais c'est aussi cette ambiguïté qui fait tout l'intérêt du livre :)

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