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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

mercredi 1 juillet 2015

Illusions perdues ~ Honoré de Balzac

« Un grand écrivain est un martyr qui ne mourra pas. »





Résumé de la quatrième de couverture :

Je vous vois entrant dans le monde littéraire et journaliste avec des illusions. Vous croyez aux amis. […] Vous vous apercevrez avant peu que vous n’obtiendrez rien par les beaux sentiments. Si vous êtes bon, faites-vous méchant. […] Pour faire fortune en littérature, blessez toujours tout le monde, même vos amis, faites pleurer les amours-propres : tout le monde vous caressera. 
Sans surprise, c’est un Balzac. Cela implique un style particulier, que je n’aime pas vraiment. Ce qui m’a motivé à le lire est le thème du journalisme et de l’édition. Il recoupe mes études et ma passion.
On suit Lucien, un provincial qui rêve de gloire, de devenir écrivain, et pour cela il se rend à Paris, en abandonnant sa mère, sa sœur et son beau-frère. Mais il apprend vite les difficultés de la vie parisienne et de ses plaisirs. Le théâtre, les salons, salles de jeux, librairies, Lucien fréquente beaucoup de lieux, de gens et va de désillusion en désillusion.
C’est un beau tableau du milieu littéraire du XIXe siècle qui nous est peint, avec beaucoup de détails sur le processus d’édition des livres et des journaux. Le décor lui-même vaut la lecture, les habitudes parisiennes, les codes sociaux qui sont si différents de ceux de la province. Plusieurs groupes de personnages s’opposent. Il y a les royalistes et les libéraux, les journalistes confirmés et les étudiants qui préfèrent la reconnaissance à long terme. Lucien essaye de jouer sur plusieurs tableaux à la fois mais il n’est que novice dans ce genre de stratégies et il sombre peu à peu. Certaines personnes lui restent fidèles même dans la misère, comme l’actrice qui est amoureuse de lui. D’autres complotent dans son dos et retournent leur veste, comme les journalistes qui essaient de profiter de son talent.
Les personnages que j’ai le plus appréciés sont Eve et David, la sœur et le beau-frère, ce sont des personnes humbles et travailleuses qui sacrifient tout pour Lucien, jusqu’à leur liberté. J’ai aussi beaucoup apprécié le Cénacle, ce groupe d’individus géniaux qui ne cherchent pas à se mettre en avant comme les journalistes.
C’est un véritable roman d’apprentissage. Lucien, à peine sorti de l’adolescence, s’éprend de Madame de Bargeton, aristocrate d’Angoulême qui l’emmène à Paris et l’abandonne sans le sou. Il décide alors de prendre sa revanche en publiant ses manuscrits et en se faisant un nom.
Les personnages proposent plusieurs réflexions sur leur mode de vie, la façon dont ils se jouent les uns des autres. Ils expliquent les mécanismes de la société, les conventions et comment mieux les contourner. J’ai surtout aimé la fin et la discussion entre Lucien et le prêtre espagnol qui parle de philosophie, d’histoire, de religion de façon très lucide.
L’histoire est en trois parties. La première se déroule à Angoulême, la deuxième à Paris et la troisième de nouveau à Angoulême. Les deux premières parties sont centrées sur Lucien et la dernière sur sa famille restée en province.
Extrait :

« Pendant sa lecture, Lucien fut en proie à l’une de ces souffrances infernales qui ne peuvent être parfaitement comprises que par d’éminents artistes, ou par ceux que l’enthousiasme et une haute intelligence mettent à leur niveau. Pour être traduite par la voix, comme pour être saisie, la poésie exige une sainte attention. Il doit se faire entre le lecteur et l’auditoire une alliance intime, sans laquelle les électriques communications des sentiments n’ont plus lieu. Cette cohésion des âmes manque-t-elle, le poète se trouve alors comme un ange essayant de chanter un hymne céleste au milieu des ricanements de l’enfer. »
Le mot de la fin :

C’est une histoire assez longue, elle se met en place doucement mais une fois sur Paris tout devient plus intéressant. Elle est utile pour comprendre la vie politique et surtout littéraire sous la Restauration.

2 commentaires:

  1. Une très bonne lecture dont j'ai apprécié les thèmes du journalisme et de l'édition. Dommage que Lucien ne soit pas un vrai ambitieux !

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    Réponses
    1. Effectivement il ne se fixe pas de véritable objectif, il va trop à droite et à gauche mais c'est aussi dû à son total manque d'expérience

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