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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 17 juillet 2015

Le Prince des Maudits : La Fille de l'Araignée ~ Lenia Major

« C’est un coup de pied dans les côtes qui me réveilla. »



Résumé de la quatrième de couverture :

Alors qu'elle visite les ruines d'un château allemand avec sa classe, Eva se trouve mystérieusement projetée dans le passé, au cœur d'une bataille médiévale. Elle se voit contrainte de fuir et de protéger le Prince Emil, dont le père a été assassiné. L'intelligence d'Eva lui sera aussi utile que sa pratique des arts martiaux pour vaincre les nombreuses embûches qui se dresseront sur leur chemin. Et dans ses rêves, on la surnomme la fille de l'Araignée, on l'appelle la Maudite. Que veulent dire ces voix ? Saura-t-elle dompter les forces occultes qui la guident ? 
Le résumé est aguicheur et laisse entendre pas mal de choses. Mais en fait, ce n'est qu'à la toute fin qu'on apprend deux trois trucs sur cette fille de l'Araignée. Donc, pendant 200 pages, on attend gentiment. C'est assez frustrant. L'action est au rendez-vous mais je la trouve artificielle. En trois jours, Eva vit plus de choses que certains héros de fantasy en plusieurs mois. L'auteur a cherché à condenser le récit et il n'y a pas de répit, le rythme est trop rapide.
Ensuite, je n'ai pas aimé Eva. Elle a treize ans et se prend trop au sérieux. Elle n'hésite pas à démembrer un homme mais elle se sent mal en voyant quelqu'un décapité. Elle est très intelligente, vante son QI supérieur à celui d'Einstein mais ne raisonne pas correctement et mentionne toutes ses erreurs. Elle n'a pas vraiment une attitude normale, elle déboule au Moyen-Age mais n'a pas peur, elle fonce dans le tas. De plus, elle réagit comme une fille de nos jours et ne s'adapte pas vraiment à son environnement en faisant sans cesse des réflexions sur l'égalité des sexes. C'est l'héroïne surfaite qui répond à toutes les attentes du jeune lecteur. J'ai vraiment eu l'impression de lire un fanservice. Elle est plutôt garçon manqué, hyper intelligente, douée en arts martiaux, les enfants l'aiment, elle est drôle, elle a de la répartie, bref elle a tout sauf du relief. C'est un personnage sans profondeur.
Emil, le prince a une particularité intéressante que je ne nommerai pas. Mais à part ça, comme Eva, il est lisse. Beau, blond, seize ans, prince en cavale, il a tout pour plaire.
Pour ce qui est de l'histoire, le château existe mais je n'ai rien trouvé sur les margraves cités.
Le langage est trop adolescent. Les majuscules font mal aux yeux et les mots « Parfait. Génial. Trop cool » répétés sans arrêt sont agaçants. C'est Eva qui raconte ses aventures, c'est son point de vue, ce sont ses expressions mais elle est trop dans l'exagération et dans l'exclamation. Certains passages sont drôles, l'humour est un trait fort de ce livre et heureusement, car autrement je n'aurais rien aimé. Du coup, j'ai l'impression qu'on tombe trop dans la dérision, comme si rien n'avait d'importance.
La fantasy est trop légère. Hormis un voyage dans le temps et les rêves d'Eva, rien ne laisse penser au genre. C'est davantage une aventure historique. Cela dit, le fait qu'une jeune fille du XXIe siècle se retrouve projetée quelques siècles en arrière donne lieu à des scènes très drôles. Cela permet de montrer l'évolution des technologies et des pensées. Revenir dans le passé est quelque chose qu'on rêverait tous de faire, ou au moins la plupart, pour voir comment se déroulait la vie et, pourquoi pas, modifier l'avenir.
L'objet livre est bien fait. Les pages sont aérées mais bien remplies, la police n'est pas trop grande. Les chapitres sont courts, cela facilite la lecture. Enfin, il faut quand même préciser que c'est Marc Simonetti qui a réalisé l'illustration de couverture et elle est superbe.
Extrait :
« Ces Noirs me pourrissaient la vie, me pourrissaient les jours et me pourrissaient les nuits ! Ils s'acharnaient à me gâcher chaque seconde de chaque minute. A cause d'eux, j'étais couverte de bleus et de brûlures, j'avais faim les trois quarts du temps, j'étais obligée de m'essuyer le derrière (déjà compoté par la chevauchée infernale) avec des feuilles de consoude et je ne pouvais même pas oublier mes soucis pendant quelques heures de sommeil réparateur. »
Le mot de la fin :

On sent le roman jeunesse à plein nez, mais mal maîtrisé. C'est un livre qui veut trop plaire. Pour de jeunes lecteurs, cela peut être une lecture plaisante mais quand on lit de la fantasy depuis quelques temps, l'histoire est moins crédible, trop simpliste.

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