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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

dimanche 31 mai 2015

Les Nains et les Elfes au Moyen-Age ~ Claude Lecouteux

« Toutes ces créatures […] vivaient parce que les hommes croyaient en elles et elles se sont éteintes en même temps que cette croyance. »



Résumé de la quatrième de couverture :

Personnage familier venu d’un lointain passé et perpétuant sa vie dans l’imaginaire de nos sociétés, le nain n’en est pas moins un grand méconnu. Qui est-il et d’où vient-il vraiment ? Puisant dans les littératures médiévales, mais aussi dans les contes, les légendes et les mythologies, Claude Lecouteux, éminent spécialiste du Moyen Age, relève les images, les situations et les usages gravitant autour de cet être singulier. Il met au jour tout un monde de croyances disparues, souvent occultées par l’Eglise ou simplement englouties par le temps. Empreints d’une forte signification religieuse, les nains, loin d’être des supports de fiction et de superstitions, seraient liés à la fertilité, à la mort et à ce culte des ancêtres dont on connaît l’importance dans notre ancien Occident. 
Fourmillant dans les traditions populaires, lutins et korrigans, kobolds et trolls, follets et elfes de toutes sortes, laissent entrevoir comment, en dépit de la culture chrétienne, le paganisme parvint à se maintenir jusqu’à l’aube de l’ère industrielle.
C’est une étude très poussée que nous propose Claude Lecouteux. Il part surtout des nains et en vient ensuite aux elfes pour comprendre ce qui les différencie et pourquoi ils sont souvent confondus.
Le gros point fort de ce livre est la documentation. L’auteur utilise beaucoup de textes sources datant du Moyen Age. Il les compare afin de montrer les divergences entre les pays mais aussi entre les traductions. La linguistique est très présente et lui permet de mettre en valeur les liens profonds qui existent entre les civilisations et leurs légendes. On peut ainsi se rendre compte de l’évolution des mots et des croyances. Les légendes partent surtout du Nord de l’Europe et du panthéon de ses peuples. Certains dieux comme Freyr reviennent souvent.
Le nain et l’elfe sont scrutés dans les moindres détails : apparence physique, attributs magiques, autres créatures auxquelles ils sont associés, divergences entre les mythes…
J’ai notamment appris que les nains ont une ascendance bien plus intéressante que les elfes. Je préfère pourtant ces dernières créatures, mais sans les nains on explique moins bien leur apparition. Les êtres que nous connaissons aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux des premières croyances. Leur évolution a été vraiment impressionnante. Les nains sont souvent associés à l’élément aquatique et aux chevaux, les elfes sont associés aux cauchemars.
Les sections sont assez courtes dans chaque chapitre. Cela crée de petites unités de sens qui aident à la compréhension globale de l’étude. Et cela facilite la lecture. A la fin, il y a une bibliographie très intéressante et complète qui permet d’approfondir les points qui nous passionnent.
L’auteur a une écriture fluide et quasi scientifique. Il part d’éléments précis pour ensuite construire son analyse. On suit très facilement sa pensée. La seule difficulté dans la lecture est due aux multiples noms propres qui ne nous sont pas familiers et qui semblent parfois imprononçables.
Tous les passionnés de fantasy y trouveront leur compte. Pour ma part, voulant écrire dans ce genre, c’est un ouvrage qui me paraît presque indispensable pour créer son univers tout en restant cohérent avec ce qui s’est fait précédemment. Voici quelques parties de l’étude : « les littératures celtiques », « la légende d’Aubéron », « la naissance des nains », « les nains et l’artisanat », « les elfes noirs et les elfes sombres », « Thor et les elfes », « le kobold » ou encore « Elfland ».

Extrait :

« Les légendes d’Alberîch 
Contrairement à ce qui a été affirmé à diverses reprises par ceux qui étudièrent Aubéron, fort peu de nains portent, outre-Rhin, le nom d’Alberîch, patronyme qui signifie « Elfe puissant » ou « Puissant en elfes » et s’applique manifestement à un souverain. Dans la littérature allemande au Moyen Age, nous avons dénombré plus de cent nains, entre 1150 et 1350, mais seuls deux sont nommés Alberîch. Sous sa forme norroise (Álfrikr), le nom apparaît dans la Thidrekssaga, ou Saga de Théodoric de Vérone, compilation norvégienne du milieu du XIIIe siècle. »
Le mot de la fin :

Une étude très détaillée qui intéressera tous les passionnés de légendes et de fantasy, car elle permet de se plonger dans les origines de ce qu’on lit maintenant. C’est très étonnant de voir à quel point on s’est éloigné de ce Moyen Age.

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