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"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

samedi 21 juillet 2018

La bête qui mangeait le monde ~ Antoine Nochy

« Un clignement de paupières et le loup n’est plus là. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Dans les Cévennes où il vit, à une centaine de kilomètres du Gévaudan, sur les terres qui ont inspiré La Chèvre de monsieur Seguin, au royaume de cette bête dont on disait autrefois qu’elle mange le monde, Antoine Nochy a traqué le loup pendant plusieurs mois. Il a arpenté les sentiers, les berges, les drailles à la recherche de signes et de traces et a écouté parler les hommes.
Le loup, ce prédateur dont l’éradication fut pour les Européens un des premiers critères de la modernité, est de retour. Saurons-nous cohabiter avec le sauvage ? Lui apprendre des limites et lu faire respecter les activités des humains, avec qui il doit, lui aussi, partager son territoire et ses usages ?
Cet essai propose de partir en quête du loup. Des éleveurs ont vu leur bétail tué, ils ont demandé un dédommagement, mais il faut pour cela que leur zone soit classée en zone de présence permanente (ZPP). L’auteur décide de monter un dossier et entame une enquête afin de prouver que le loup vit juste à côté d’eux.
Le loup est un animal très discret. L’auteur ne tente pas tout de suite de le voir, juste de trouver des indices, et particulièrement des traces. Il en découvre d’ailleurs dont la taille l’interroge sur les individus qui parcourent la forêt. Le loup est là, il en est sûr. Il décide alors de poser des caméras pour tenter d’avoir des clichés qui renforceraient le dossier.
Cet ouvrage ne cherche pas à dire si ce sont les éleveurs ou les loups qu’on doit supporter. Au contraire, l’auteur ne prend pas parti, il veut faire en sorte que nous puissions cohabiter parce que c’est possible.
Il s’agit d’une histoire personnelle, très incarnée, qui se mêle à des explications scientifiques, comportementales. Elle nous montre la réalité du terrain, celle que les autorités ne se donnent pas la peine d’examiner afin de mettre en œuvre les moyens nécessaires dans des actions respectueuses des éleveurs et des loups (l’auteur fait parfois de petites piques à ce sujet).
On ressent tout au long du texte une tension, on se demande quand le loup apparaîtra, et quelles conséquences cela aura. Néanmoins, on garde en tête que c’est la nature. Même si on risque une déception, comme l’auteur, on ne peut qu’accepter ce qu’elle nous propose.
Extrait :

« Cette nuit, le son n’est pas modulé et il se prolonge sur douze secondes pendant lesquelles nous restons immobiles. Et ces douze secondes s’étirent, j’essaye de les retenir au maximum, le sommeil m’a quitté et la forêt est de nouveau plongée dans le silence. Nous échangeons un regard avec Jean-Jacques, les entendre est plus impressionnant encore que de les voir lorsqu’on sait qu’ils sont si près. Il se passe cinq secondes de silence puis le son reprend, toujours aussi monocorde. Ça commence par une plainte puissante qui monte, s’essouffle et retombe. Je n’y crois sincèrement que lorsque je l’entends. Dès qu’il finit je doute, la certitude se perd à mesure que le son s’éloigne. »
Le mot de la fin :

Un essai original dans le ton, sur un animal qu’on pense connaître et qui se révèle particulièrement insaisissable.


Merci à Babelio et à Arthaud pour cet envoi !

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 6 juillet 2018

Les Déracinés ~ Catherine Bardon

« J’ai fait l’erreur de croire que nous étions indestructibles »


Résumé de la quatrième de couverture :

Vienne, 1932. Au milieu du joyeux tumulte des cafés, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, libre et radieuse. Mais la montée de l’antisémitisme vient assombrir leur idylle. Au bout de quelques années, ils n’auront plus le choix ; les voilà condamnés à l’exil.
Commence alors une longue errance de pays en pays, d’illusions en désillusions. Jusqu’à ce qu’on leur fasse une proposition inattendue : fonder une colonie en République dominicaine. En effet, le dictateur local a offert cent mille visas à des Juifs venus du Reich.
Là, au milieu de la jungle brûlante, tout est à construire : leur ville, leur vie.
C'est toujours difficile d'aborder la Seconde Guerre mondiale tant le sujet a été traité. Pourtant, Catherine Bardon parvient à éveiller notre curiosité en démarrant son intrigue en Autriche dans les années 1930. Les cafés, les parcs, l'opéra, l'atmosphère foisonnante de la capitale nous est retranscrite avec une beauté et un réalisme frappants. Lorsque la guerre débute, nous sommes plongés dans la terreur avec Wilhelm et Almah, provoquée par le sort réservé aux Juifs, et leur exil forcé loin de leur famille. Nous partageons leur espoir à l'annonce d'une terre promise de l'autre côté de l'océan. Tout semble s'apaiser en République dominicaine. Mais l'Histoire débarque sur les plages ensoleillées. C'est une communauté entière qui se crée et qui écrit sa propre histoire.
L'autrice maîtrise aussi bien les décors que les personnages. Ces derniers évoluent tout au long de l'intrigue, personne n'est laissé derrière. Trouver sa place est un des enjeux majeurs, et s'ils ont un peu de mal au début sur la petite île, ils sont certains de s'en faire une dans le cœur des lecteurs.
Almah et Wilhelm vivent pleinement leur amour sans que cela tombe dans des considérations niaises. On s'attache facilement à eux et à leurs aventures. Ils ne sont pas des représentations de la misère, même s'ils doivent passer par cette étape. Ils arrivent à surmonter ensemble les épreuves de la vie, sans attirer notre pitié.
Il n'y a pas récit plus romanesque que celui de notre couple. Leur périple et leur vie quotidienne offrent à la fois la magie et les frissons qu'on attend des grandes histoires.
Extrait :

« Un nulle part accablé de soleil et de chaleur.
Un nulle part qui allait être le cadre de notre nouvelle vie.
Depuis un an, durant cet interminable périple à travers le monde, aussi difficile qu’il eût été, nous étions toujours en mouvement et nous pouvions en imaginer l’issue à notre guise. Nous étions maintenant arrivés. À l’arrêt. Il n’y avait plus rien à imaginer, tout était devant nous. Tout, c’est-à-dire… rien. Une mince bande de terre défrichée, coincée entre un mur de jungle inhospitalière et l’océan. La vacuité de cet espace nous faisait vaciller. »
Le mot de la fin :

Un roman puissant, idéal pour les vacances d’été, mêlant une grande histoire d’amour aux terribles événements et conséquences de la Seconde Guerre mondiale.

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 15 juin 2018

Ma reine ~ Jean-Baptiste Andrea

« Mais c’est ça qui est fort avec les monstres, ils savent toujours se cacher là où on ne les attend pas. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Vallée de l’Asse. Provence. Été 1965. Il vit dans une station-service avec ses vieux parents. Les voitures qui passent sont rares. Shell ne va plus à l’école. Il est différent.
Un jour, il décide de partir. Pour aller à la guerre et prouver qu’il est un homme. Mais sur le plateau qui surplombe la vallée, nulle guerre ne sévit. Seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Il lui obéit comme on se jette du haut d’une falaise. Par amour. Par jeu. Et désir d’absolu.

vendredi 8 juin 2018

Voyage au centre de la Terre ~ Jules Verne

« Je tiens à faire connaître ces signes bizarres, car ils amenèrent le professeur Lidenbrock et son neveu à entreprendre la plus étrange expédition du dix-neuvième siècle. »


Résumé :

Le professeur Lidenbrock achète un carnet datant du XVIe siècle contenant un mystérieux mot codé. En le déchiffrant, il découvre que le propriétaire du carnet a réalisé l’impensable : aller au centre de la Terre. Sa seule obsession est de marcher sur les traces de cet aventurier en entrant dans le cratère d’un volcan islandais, seulement accompagné de son neveu Axel et d’un guide local. De phénomènes inexpliqués en rencontres incroyables, Jules Verne n’a pas fini de rendre fous les scientifiques !

vendredi 1 juin 2018

Et si les Beatles n’étaient jamais allés sur la Lune ? ~ Erik Ornakin

« Ça signifie simplement que les Beatles n’ont pas écrit leurs chansons ! »


Résumé de la quatrième de couverture :

Et si les Beatles n'avaient pas écrit leurs chansons ?
À l'ouverture d'un coffre appartenant à un ancien nazi, dans une banque suisse, on découvre des toiles disparues de Klimt et de Courbet, ainsi qu'un recueil de mélodies inconnues du compositeur autrichien Richard Strauss.
Surprise ! À l'étude des partitions, on reconnaît quelques-uns des plus grands tubes des Beatles ! Comment des mélodies enfermées dans un coffre depuis 1945 ont-elles pu se retrouver sur les cordes des guitares des Fabulous four de Liverpool vingt ans plus tard ?
Scandale ! La planète est en émoi. Les garçons dans le vent n'auraient pas écrit leurs meilleurs titres... Autour d'un flic cocu, d'un chasseur de nazis mégalo et d'une musicologue qui déteste les Beatles, s'orchestre le complot le plus déroutant depuis celui des Américains sur la Lune !