Citation

"La culture est un cimetière de livres et d'autres objets à jamais disparus." in N'espérez pas vous débarrasser des livres de Jean-Claude Carrière et Umberto Eco

vendredi 25 mai 2018

Civilisations disparues ~ Collectif

« C’était comme si ses pupilles avaient avalé le bleu de ses yeux. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Les siècles passent, les peuples aussi, mais restent dans les esprits. Leurs croyances hantent toujours la terre. Qui sont-ils vraiment ? La question demeure. Toutes ces cultures à demi ensevelies fascinent en nourrissant nos peurs les plus primales. Momie vengeresse, temple abandonné, talisman maudit, rituel du fond des âges ; autant de thématiques exploitées par les auteurs du fantastique. Certains, comme H.P. Lovecraft, ont fait la synthèse de ce qui nous plaît tant en inventant un monde inconnu et menaçant tapi sous l’océan. Cette anthologie propose un retour aux sources du genre en même temps qu’un voyage vers nos origines.

Au détour d’événements aussi étranges qu’inquiétants s’éveilleront les Celtes d’Irlande et leur peuple légendaire, les Leuques gaulois, les Scythes, la magie vaudou, les guerriers Vikings, les curieuses statues de l’île de Pâques, les Étrusques, les Incas, la glorieuse Byzance, les Égyptiens et les Nabatéens. De la civilisation attendue à la moins connue, Civilisations Disparues propose des nouvelles en accord avec les dernières sources historiques, mais où le doute n’est jamais très loin. Serez-vous prêts à venir troubler le sommeil des Anciens ?
Les auteurs de cette anthologie nous présentent des civilisations qui les inspirent. On pénètre dans des univers très mystérieux, hésitant entre plusieurs vérités. Chaque nouvelle explore une facette précise des peuples étudiés, ce qui donne lieu à des intrigues approfondies et originales. Les auteurs ont cherché des aspects des civilisations que nous ne connaissons pas toujours, ce qui peut donner envie de se renseigner. La maison Luciférines est spécialisée dans le fantastique et l’horreur. Ces genres sont très bien représentés, les civilisations présentant souvent des coutumes sombres mêlant divinités, politique et artefacts magiques.
Malheureusement, les chutes ne sont pas toujours au rendez-vous, certaines fins nous laissant un peu perdus. De même, le développement des personnages n’est pas toujours poussé. Ces derniers agissent parfois de façon obscure et on a du mal à percer leurs motivations.
Chaque nouvelle est accompagnée d’un texte explicatif sur la civilisation choisie. Si certains textes sont plutôt complets, d’autres ne contiennent que quelques lignes et ne font que reprendre ce qui est énoncé dans la nouvelle, c’est assez dommage. De même, une illustration est proposée avant les nouvelles, pas nécessairement en rapport avec elle, mais au moins avec la civilisation choisie.
Extrait :

« Les empreintes du carnage les menaient près de moi. J’étais frigorifiée, terrifiée. La vie que m’avait laissée la bête n’était plus un cadeau lorsque je fis face aux pics des guerriers. Un homme surgit du bloc compact et prit la parole :
“Relève-toi, c’est un ordre ! Je suis centurion de l’armée romaine.”
Il parlait une langue proche de la mienne, la seule différence se tenait dans son accent. Sa tenue était quasiment identique à celle de ses comparses, elle comportait quelques ornements en plus. Je me dressai sur des jambes tremblantes.
“Tu es couverte du sang de notre repas ! Montre-moi ton visage ! Donne-moi ta peau d’ours !” »
In « Erin » d’Aaron Judas

Citation de début in « Bärenhaftigkeit » de Barbara Cordier
Le mot de la fin :

Une anthologie assez exhaustive pour partir à la rencontre de peuples oubliés.

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 18 mai 2018

Et si la Terre était plate ? ~ René Cuillierier

« Et si on fabriquait un ordinateur en bois ? »


Résumé de la quatrième de couverture :

Que se passerait-il si on lâchait un T. rex dans la nature ? Ou si on fonçait à vélo à 90 % de la vitesse de la lumière ? Et si on fabriquait un ordinateur en bois ? Et si on parlait le français du 31e siècle ? Et si on construisait Goldorak ? Et si la vie n'était pas basée sur le carbone ? Et si on se fabriquait des ailes d'oiseaux ? Et si Néandertal n'avait pas disparu ? Et si la Terre était plate ? Et si, et si… ?
Complètement absurdes ces questions ? Certes non ! De l'aveu d'Einstein lui-même, c'est une interrogation tout à fait fantaisiste qui le mit sur la voie de la théorie de la relativité. Les exercices de pensée les plus étonnants permettent en effet d'explorer des mondes différents afin de mieux comprendre notre monde bien réel. Ils constituent ainsi une façon originale et amusante – mais parfaitement rigoureuse ! – de découvrir, schémas à l'appui, les lois de la physique, les mécanismes du vivant ou encore le fonctionnement du système Terre.
Une chose est sûre, si la Terre était plate – mais rassurez-vous, elle ne l'est pas –, vous auriez intérêt à ne pas vous aventurer sur ses bords : toute l'eau serait concentrée au milieu de la planète et l'atmosphère ne couvrirait qu'un mince anneau de territoire habitable autour de cet océan central. Les quatre cinquièmes de la surface de la Terre seraient ainsi exposés aux rigueurs du vide spatial, comme sur la Lune !
Cet essai de vulgarisation scientifique propose de répondre à des questions absurdes avec des données précises et des hypothèses définies. L’auteur s’attache à expliquer méthodiquement les conséquences pour chaque question posée. Par exemple, pour la question « Et si la Terre était plate ? », René Cuillierier expose l’impact sur le climat, l’atmosphère ou encore le mouvement des océans. C’est assez impressionnant de voir que certaines choses n’ont pratiquement aucun impact sur le quotidien que nous connaissons actuellement, alors que d’autres éradiqueraient la quasi-totalité de la vie !
Les parties correspondant aux questions sont courtes. L’auteur ne s’attarde pas, ne tourne pas autour du pot. L’objectif est d’exposer, avec les idées les plus simples, les réponses aux questions. C’est assez pédagogique et cela donne envie d’approfondir certaines interrogations.
Les différents chapitres sont des développements d’articles publiés dans le magazine Science et vie junior. La plupart du texte est accessible à tous, on comprend le raisonnement de l’auteur grâce à des comparaisons explicites. Cependant, les schémas proposés ne sont parfois pas très clairs, malgré une légende complète. Par ailleurs, l’auteur emploie régulièrement un ton humoristique, avec de petites plaisanteries. Si certaines font sourire, d’autres sont parfois lourdes ou répétitives. Il y a malheureusement de nombreuses fautes d'orthographe.
Extrait :

« Les gens ne sont pas idiots. S’ils sont nombreux à utiliser une même “faute”, c’est bien souvent qu’ils la trouvent plus commode que l’ancienne façon de parler, tout en transmettant la même information. Prenez les contractions qu’on utilise dans le langage de tous les jours : “sympa” ou “bus” ont été adoptés parce qu’ils contiennent la même quantité d’information que les mots complets, tout en étant plus courts. Et c’est une tendance très ancienne ! C’est de cette façon que le latin “ecce ista” a donné “ceste”, puis “cette” en français. Cette tendance à la flemme frappe aussi l’évolution de la prononciation : “inmortel” est devenu “immortel” simplement parce que le monde a trouvé plus facile de prononcer les sons “i” - “m” que la suite “i” - “n” - “m” (z’avez qu’à essayer, vous verrez). »
Le mot de la fin :

Un essai accessible traitant de questions assez farfelues mais qu’on se pose tous.

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 4 mai 2018

Les incroyables aventures de l’Enfant Plume : Le Labyrinthe ~ Jorge Corona et Jen Hickman

« Te voilà un charmant tas de problèmes. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Abandonné à sa naissance dans les faubourgs du Labyrinthe, Poe a vécu dans l’ombre toute sa vie, à l’abri de ceux qui lui voulaient du mal. Élevée dans le confort et la richesse de la Cité, Bianca se languit d’une aventure de l’autre côté des murs blancs et immaculés de sa prison dorée. Quand leurs deux mondes entrent finalement en collision, une amitié grandit entre la fille de la Cité et le garçon couvert de plumes. Une amitié capable de tout changer.
Cette jolie bande dessinée propose un univers inspiré de l’Angleterre victorienne. Poe a été adopté par un vieux monsieur bien sympathique qui cherche à le préserver de la société, effrayée par son apparence. Pourtant, Poe veut se rendre utile et il va pouvoir prouver sa valeur en aidant Bianca, perdue dans le labyrinthe.
Le labyrinthe, c’est tout ce qu’il y a en dehors de la Cité : le peuple. Des venelles sombres, des enfants qui volent pour se nourrir, et une répression de la part des gardes. La Cité est bien ennuyeuse pour Bianca. Cette dernière veut vivre des aventures et n’a pas froid aux yeux. Cet aspect binaire de l’univers est cliché, même s’il fonctionne bien, surtout sur un public jeunesse. Il en va de même pour le duo Poe-Bianca, avec la jeune fille de bonne famille et le garçon mis à l’écart.
Ce premier tome est vraiment introductif, au point que le mystère entourant la naissance et l’abandon de Poe est laissé au second plan et n’attise pas vraiment la curiosité.
Les dessins sont très beaux, l’attention est portée sur les décors et les costumes, qui font définitivement penser à Oliver Twist. C’est assez sombre, mais on ressent une belle énergie et une poésie.
Extrait :


Le mot de la fin :

Une chouette BD jeunesse, un peu convenue, qui introduit un univers coloré et mystérieux.

Merci à Babelio et à Vents d'Ouest pour cet envoi !

Alors, voulez-vous tourner ?

vendredi 20 avril 2018

Le Fantôme arménien ~ Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuélos

« La religion n’est pas essentielle pour moi. Vivre dans la dignité et avec son identité, voilà ce qui compte. »


Résumé de la quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’un réveil, ou selon les mots de Varoujan d’un véritable « saut dans le réel ».
Jusqu’en 2013, Varoujan n’avait jamais envisagé d’aller en Turquie, au risque de « piétiner les ossements de ses ancêtres ».
Le voyage jusqu’à cet « Auschwitz à ciel ouvert » n’est pas seulement un pèlerinage. Varoujan et sa femme Brigitte partent à la rencontre des descendants des Arméniens qui sont restés en Turquie en 1915 et qui ont réchappé au massacre.
Car aujourd’hui ces Arméniens kurdes, turcs, alévis, musulmans, sortent de l’ombre, racontent leur histoire et aspirent à retrouver une identité perdue dans un pays qui continue de nier officiellement, cent ans après, le génocide.

vendredi 13 avril 2018

Les Vies de papier ~ Rabih Alameddine

« J’ai fait de la traduction mon maître. »


Résumé de la quatrième de couverture :

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. À l’ombre des murs anciens de son appartement, elle s’apprête pour son rituel préféré. Chaque année, le 1er janvier, après avoir allumé deux bougies pour Walter Benjamin, cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle commence à traduire en arable l’une des œuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov.
À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l’air qu’elle respire, celui qui la fait vibrer comme cet opus de Chopin qu’elle ne cesse d’écouter. C’est entourée de livres, de cartons remplis de papiers, de feuilles volantes de ses traductions qu’Aaliya se sent vivante.
Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l’odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre fait rage, de la ville en feu, de l’imprévisibilité de Beyrouth.